‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 135 sur 217 · XXVI.

XXVI.

«Pourquoi la sculpture a dû être l'art dominant dans la Grèce antique, on peut aisément s'en rendre compte.

«Chez un peuple appelé par sa double vocation à cultiver la philosophie et les beaux-arts, d'un esprit indépendant et amoureux du beau, la forme humaine devait être et fut en effet l'objet d'un culte. Cette forme admirable, chef-d'oeuvre de convenance et d'harmonie, apparaissait à ce peuple comme la figure de l'esprit, dont elle rendait pour ainsi dire les lois visibles.

«Telle est l'origine à la fois philosophique et poétique de l'anthropomorphisme grec; c'est la divinité de l'esprit humain que la Grèce adore dans la beauté du corps humain.

«Or la sculpture est, parmi les beaux-arts, celui qui a pour but spécial de reproduire la figure de l'homme dans sa perfection idéale, abstraction faite des difformités accidentelles et des émotions passagères qui peuvent en altérer la majestueuse harmonie.