‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 158 sur 217 · L.

L.

En approchant, convaincu par la lecture de la beauté du monument, j'étais étonné de me sentir froid et stérile; mon coeur cherchait à s'émouvoir, mes yeux cherchaient à admirer. Rien!

Je ne sentais que ce qu'on éprouve à la vue d'une oeuvre sans défaut, un plaisir négatif; mais une impression réelle et forte, une volupté neuve, puissante, involontaire, point!

Ce temple est trop petit; c'est un sublime jouet de l'art! Ce n'est pas un monument pour les dieux, pour les hommes, pour les siècles. Je n'eus qu'un instant d'extase: c'est celui où, assis à l'angle occidental du temple, sur ses dernières marches, mes regards embrassèrent à la fois, avec la magnifique harmonie de ses formes et l'élégance majestueuse de ses colonnes, l'espace vide et plus sombre de son portique, sur sa frise intérieure les admirables bas-reliefs des combats des Centaures et des Lapithes; et au-dessus, par l'ouverture du centre, le ciel bleu et resplendissant, répandant son jour mystique et serein sur les corniches et sur les formes saillantes des figures des bas-reliefs: elles semblaient alors vivre et se mouvoir. Les grands artistes en tout genre ont seuls ce don de la vie, hélas! à leurs dépens!