‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 203 sur 217 · XXVII.

XXVII.

Jamais je ne me consolerai que M. de Marcellus ou M. de Chateaubriand ne nous ait pas traduit _Homère_ et la _Bible_; c'était un travail digne d'eux, et ils étaient dignes de ce travail!

_Homère_, par M. de Marcellus, la _Bible_, par Chateaubriand, eussent été deux livres précieux pour la littérature française; elle manque d'antiquités, ils lui auraient donné ce qui lui manque. Chateaubriand ne le daigna pas, Marcellus ne le tenta pas, mais par modestie! L'un et l'autre furent emportés longtemps, par le courant politique, loin des études qui immortalisent, vers les grandeurs qui trompent; quand la politique les rejeta comme des naufragés sur les rivages, Chateaubriand était trop vieux, Marcellus trop timide. L'un écrivit ses _Mémoires d'outre-tombe_, qui ne sont que l'écho trop âpre des passions de sa vie, un Saint-Simon personnel, chargeant la postérité de ses petites vengeances; l'autre se contenta d'amuser les loisirs de sa vie retirée par des éruditions curieuses, par des souvenirs historiques, et par des traductions d'oeuvres secondaires qui méritèrent bien de ses contemporains, mais qui ne donnèrent pas à son nom toute la célébrité que ses travaux méritent.