XIX.
Ce livre d'accusation contre la société s'intitulerait plus justement l'_Épopée de la canaille_; or la société n'est pas faite pour la canaille, mais contre elle. Prendre les ordres de Valjean contre le vol, de Thénardier contre le maraudage, des étudiants contre la débauche, des gamins héroïques de Paris et des jeunes émeutiers de la barricade sur l'organisation savante du travail et de la société parfaite, contre le luxe des riches et contre la misère du chômage du peuple, est une homéopathie par le vice, l'ignorance et le sang, qui nous laisse quelque doute sur la guérison du corps social. Or, de bonne foi, nous ne voyons guère d'autre conclusion à tirer de ce beau livre des songes où tout est coupable, excepté le coupable lui-même, et où la société est responsable de tout le mal qu'on fait ou qu'on subit contre ses prescriptions ou contre ses institutions.
Voici l'histoire de mon misérable à moi. Il existe encore, et on la lira bientôt.