XXIII.
«Après cette lecture des fragments d'Apollonius de Rhodes, qui ont charmé tout le petit auditoire grec par les peintures les plus délicates d'un amour naissant, de la pitié entre deux amants, la controverse s'établit entre les auditeurs sur la prééminence d'Homère ou d'Apollonius. On hésite, et il y a de quoi.
«Mais _Manos_ se lève, se dirige vers quelques tablettes suspendues à la muraille et saisit l'_Odyssée_. «Écoutez-moi à mon tour, dit-il, et oubliez ce que vous venez d'entendre!» Puis, se tournant vers moi, dit M. de Marcellus, il ajoute: «Les sentiments sont si naturels, le sens si clair, que celui de nous qui n'a pas appris le grec en naissant n'a nul besoin d'interprète. Il s'agit de Nausicaé, fille du roi Alcinoüs. Ulysse, jeté sur cette île par la tempête et accablé de lassitude, est couché sur des feuilles sèches, à l'abri des roseaux, au bord du fleuve qui se jette dans la mer.»
«Alors, continue M. de Marcellus, le vieillard _Manos_, aux cheveux blancs et à la longue barbe, vêtu de cette robe orientale qui fait partie du costume grec à Constantinople, se redresse sur le divan où nous restons accoudés.»
LAMARTINE.
_(La suite, au mois prochain._)
LXXXe ENTRETIEN.
OEUVRES DIVERSES DE M. DE MARCELLUS
(TROISIÈME PARTIE)
ET
ADOLPHE DUMAS.