‹ Cours familier de Littérature - Volume 15Chapitre 175 sur 193 · III.

III.

La sérénité revient avec la lumière et revient seule.

Le 30 août.

«Qu'il faisait bon ce matin dans la vigne, cette vigne aux raisins chasselas que tu aimais! En m'y voyant, en mettant le pied où tu l'avais mis, la tristesse m'a rempli l'âme. Je me suis assise à l'ombre d'un cerisier, et là, pensant au passé, j'ai pleuré. Tout était vert, frais, doré de soleil, admirable à voir. Ces approches d'automne sont belles, la température adoucie, le ciel plus nuagé, des teintes de deuil qui commencent. Tout cela, je l'aime, je m'en savoure l'oeil, m'en pénètre jusqu'au coeur, qui tourne aux larmes. _Vu seule_, c'est si triste! Toi, tu vois le ciel! Oh! je ne te plains pas. L'âme doit goûter d'ineffables ravissements...

«Le plus grand malheur de la vie, c'est d'en rompre les relations.

«Je voulais envoyer à mon ami les deux grenades du grenadier dont il a travaillé le pied quelques jours avant sa mort. Ce fut son dernier mouvement sur la terre!»