‹ Cours familier de Littérature - Volume 15Chapitre 180 sur 193 · VIII.

VIII.

1840 sonne et la rembrunit encore, les Notes courent comme des pas de la vie entraînés sur une pente inclinée. Ce monde n'a rien pour elle, elle s'habitue à en sortir.

«Je trouve une lettre de ma chère Marie (Mme de Maistre) sur mon chevet, à mon réveil ce matin. Aurore d'un beau jour, tant en moi qu'au dehors; soleil au ciel et dans mon âme: Dieu soit béni de ces douces lueurs qui ravivent parmi les angoisses! Je sais bien que c'est à recommencer, mais on s'est reposé un moment et on marche avec plus de force ensuite. La vie est longue, il faut de temps en temps quelques cordiaux pour la course: il m'en vient du ciel, il m'en vient de la terre, je les prends tous, tous me sont bons, c'est Dieu qui les donne, qui donne la vie à la rosée! Les lectures pieuses, la prière, la méditation fortifient; les paroles d'amitié aussi soutiennent. J'en ai besoin: nous avons un côté du coeur qui s'appuie sur ce qu'on aime; l'amitié, c'est quelque chose qui se tient bras à bras. Comme Marie me donne le sien tendrement, et que je me trouve bien là! Ainsi nous irons jusqu'à la mort: _Dieu nous a unies._»