XX.
Et la société est responsable de cette catastrophe du forçat et de la fille publique: double matière à indignation présentée au peuple;
Double erreur.
Car, premièrement, comment supposer qu'un brave homme, condamné pour une vétille, devenu un manufacturier opulent, le bienfaiteur d'une province entière, magistrat adoré de sa ville adoptive, soit renvoyé pour sa vie aux galères, sans discernement, sans justice et sans grâce, par la société du dix-neuvième siècle?
Et, secondement, où pouvait mourir une fille publique, née sans père ni mère, débauchée de moeurs d'abord, de misère ensuite; où pouvait-elle mieux mourir que dans un hospice, providentiellement recueillie par la bienfaisance, et dans la couche préparée par de saintes filles sous les ailes de la religion?