‹ Cours familier de Littérature - Volume 17Chapitre 3 sur 93 · III.

III.

L'infortuné Charles-Édouard éprouva avant de mourir une consolation inattendue. La fille qu'il avait eue dans sa jeunesse, à Liége, de son premier amour, miss Clémentine, et qui vivait retirée à Meaux, dans l'abbaye de Notre-Dame, lui revint en mémoire, et peut-être en remords. Il la rappela près de lui pour tenir sa maison et consoler ses dernières heures. Il la reconnut, la légitima, et lui rendit le nom, désormais libre, de duchesse d'Albany. Elle fit rentrer avec elle la dignité, l'élégance, la société féminine dans le palais de son père à Florence. Elle réconcilia le roi et le cardinal d'York, brouillés pour des intérêts mal entendus d'argent. La reine de Naples l'accueillit à Pise, où elle passait l'hiver avec le prince vieilli, mais heureux et honoré du moins dans sa vieillesse. Revenu à Rome, dans le palais de son enfance, il y mourut en 1788, et fut enseveli à Frascati, dans la cathédrale du cardinal d'York, son frère. Sa fille chérie, qui ne vivait que pour lui, ne lui survécut pas longtemps. Le cardinal d'York hérita authentiquement des titres de prétendant à la couronne des Stuarts.