‹ Cours familier de littérature, tome 17Chapitre 48 sur 93 · III.

III.

Rentré à Rome, Benvenuto est poursuivi par le pape Farnèse et par son bâtard Pier Luigi, sous prétexte de lui faire restituer des richesses qu'il avait dérobées à Clément VII pendant le siége du château Saint-Ange. Il se justifie, mais n'en est pas moins retenu captif au château. François Ier le fait réclamer par son ambassadeur Monluc. Le Pape, inflexible, continue à le retenir prisonnier. Il se décide enfin à s'évader: il tresse en cordes les draps de son lit, il accomplit son dessein et parvint à franchir la dernière enceinte, mais avec la hanche cassée. Un pauvre aniero le conduit sur son âne jusque sur les marches de Saint-Pierre de Rome. Le cardinal Cornaro le recueillit, le fit guérir et le garda dans une chambre secrète du palais. Cornaro alla demander sa grâce au pape Farnèse. Le pape l'accorda avec bonté; il avoua que lui-même, dans sa jeunesse, il en avait fait autant. Farnèse disait vrai; il avait été autrefois incarcéré dans le château pour avoir falsifié des brefs lorsqu'il en était secrétaire. Le pape Alexandre avait décidé de le faire décapiter, mais Farnèse, qui le sut, fit dire en secret à Pietro Careluzzi de venir avec plusieurs chevaux, corrompit ses gardes à force d'argent, et, tandis que le pape était à la procession le jour de la fête, on le fit descendre dans une corbeille, et on le sauva ainsi; car, dans ce temps-là, on n'avait pas encore entouré la tour des murailles dont j'ai parlé. Le pape, en racontant cela au gouverneur de Rome, voulait passer à ses yeux pour un brave; mais il ne voyait pas qu'il se faisait aussi passer pour un coupable. Il dit ensuite au gouverneur: «Allez lui demander qui l'a aidé dans sa fuite, et dites-lui que je fais grâce à tous.»

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