‹ Cours familier de littérature, tome 19Chapitre 120 sur 122 · XXV

XXV

Dieu est, selon moi, pensée;

La pensée du monde qui conçoit et qui régit tout.

La matière n'est que matière.

Elle ne pense pas; elle obéit à la pensée divine.

C'est par l'union éternelle ou momentanée de la pensée et de la matière, c'est par ce mariage surnaturel et fécond, que le monde ou le Cosmos est formé.

Cette union des deux substances, la pensée divine et l'obéissance matérielle, est le mystère!

Ce mystère explique tout!

Il a seul le mot du Cosmos!

Celui qui le prononce sait tout!

Il a trouvé le fond de la science, il a le pied sur le solide.

Il n'a pas besoin d'en savoir davantage; son âme est satisfaite, son esprit est en repos.

Il n'écrit pas de Cosmos; il écrit l'histoire naturelle, la géographie de la terre ou l'astronomie géographique des cieux.

Il ne cherche point sa loi morale alors dans la science, qui ne peut rien lui dire que de matériel.

Il la trouve dans sa conscience, gravitation mystérieuse, mais convenable, que Dieu a donnée comme une impulsion constante dans tous les pays, dans tous les temps, dans toutes les doctrines civiles ou religieuses, à tous les hommes de bonne volonté.

La conscience est le mystère que nous portons en nous.

Nous ne le comprenons pas, mais nous lui obéissons.

Le christianisme en a simplifié pour nos siècles la formule morale.

Il nous a apporté le mot, non de la science, mais de la conscience.

Pour tout le reste il a dit comme nous: Mystère!

Ce mot est terrible pour notre orgueil, mais il est comme Dieu lui-même, parce qu'il est; il faut le subir ou avec rage ou avec amour.

Avec rage, c'est la révolte et l'impiété;

Avec amour, c'est la raison et la vertu.

Peut-on hésiter?

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