‹ Cours familier de Littérature - Volume 19Chapitre 25 sur 122 · VI

VI

Le duc d'Orléans, plus tard Louis-Philippe, lui écrit peu de temps après:

«Éminence,

«Le prince de Talleyrand, qui garde de vous le plus tendre souvenir, me disait dernièrement que votre seul plaisir était la culture des fleurs, et votre noble amie la duchesse de Devonshire a bien voulu me confirmer le fait.

«Votre Éminence doit savoir que depuis longtemps déjà je m'honore d'être l'un de ses plus dévoués serviteurs, et que dans les diverses phases de ma carrière, je me suis toujours fait un devoir de vénérer l'auguste Pontife qui a tant souffert _pour la sainte cause_. Ces sentiments de piété envers le Siége de Pierre, que ma femme et moi sommes si heureux d'inculquer à notre jeune famille, sont invariables dans mon coeur. Je prie donc Votre Éminence de vouloir bien déposer mon plus humble hommage aux pieds du Très-Saint Père.

«Voulant me rappeler à votre bon souvenir, j'ai pris la liberté de faire adresser à Votre Éminence quelques échantillons de nos serres françaises. Je joins à ce très-modeste envoi, qui n'aura peut-être de prix à vos yeux que l'intention, la manière de les soigner telle que nos horticulteurs l'ont formulée. J'espère que cette caisse ne déplaira pas trop à Votre Éminence, et qu'en respirant le parfum de ces fleurs, qui se développeront peut-être encore davantage sous l'heureux climat et dans la chaude atmosphère de Rome, vous daignerez songer quelquefois à un homme qui sera toujours reconnaissant des services rendus. Ma femme et ma soeur se joignent à moi pour vous offrir leurs plus affectueux respects. Elles me chargent de tous leurs voeux pour la santé du Pape, qu'il faut conserver le plus longtemps possible à la chrétienté, car, avec lui et avec vous, la paix de l'Église et la paix du monde sont assurées.

«Je prie Votre Éminence d'accueillir avec bonté mon petit envoi et toutes les amitiés respectueuses de son tout dévoué

«LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.

«Neuilly, lundi..... 1822.»