‹ Cours familier de Littérature - Volume 19Chapitre 27 sur 122 · VIII

VIII

L'amitié personnelle éclate partout dans ces témoignages. Le nouveau pape Léon XII _della Gonga_ était brouillé de longue date avec Consalvi. Il se réconcilia avec lui au moment où les ennemis du cardinal s'acharnèrent sur lui. Léon XII l'appela à Rome pour prendre la tradition du règne en présence de Jurla, son propre ministre. Consalvi se fit porter au Vatican. L'entretien fut long et intime. Il légua verbalement sa sagesse à Léon XII. «Quelle conversation! Jamais, dit le Pape, nous n'avons eu avec personne de communications plus instructives, plus substantielles, plus utiles à l'Église et à l'État; Consalvi a été sublime. Nous y reviendrons souvent, seulement il faut aujourd'hui ne pas mourir.»--Ce voeu ne devait pas être entendu. Consalvi mourut peu de temps après ce dernier entretien. Léon XII le pleura.

En annonçant au gouvernement français la perte que le monde venait de faire, le duc de Laval-Montmorency, ambassadeur du Roi Très-Chrétien près le Saint-Siége, écrivit: «Il ne faut aujourd'hui que célébrer cette mémoire honorée par les pleurs de Léon XII, par le silence des ennemis, enfin par la profonde douleur dont la ville est remplie, et par les regrets des étrangers et surtout de ceux qui, comme moi, ont eu le bonheur de connaître ce ministre, si agréable dans ses rapports politiques, et si attachant par le charme de son commerce particulier.»