‹ Cours familier de Littérature - Volume 19Chapitre 33 sur 122 · XIV

XIV

On ne peut douter qu'il n'eût tous les jours de rudes assauts à soutenir contre les partis, les ordres ecclésiastiques et les hommes du parti de la haine. Il y a et il y a eu en tout temps des esprits contentieux, ambitieux, impolitiques, mal nés, et qui ne connaissent les doctrines auxquelles ils se prétendent attachés, que par la haine que les partis contraires leur inspirent. Ce ne sont ni les hommes de la religion, ni les hommes de la liberté: ce sont les hommes de la personnalité jalouse; l'amour même n'est chez eux qu'une réaction. Si vous vous refusez à vous laisser persécuter, vous êtes des factieux; si vous ne haïssez pas ce qu'ils haïssent, vous êtes des impies. Ils ne sentent le feu sacré des religions qu'à la chaleur des bûchers qu'elles allument. Il y avait beaucoup de ces hommes en ce temps-là à Rome; résumés dans ce qu'on appelait le parti de la congrégation jésuitique, à tort ou à raison, et résumés plus éloquemment alors par quelques faux prophètes, tels que Lamennais, dans son _Essai sur l'indifférence religieuse_, dans le comte de Maistre, plus sincère, mais plus fanatique, et par quelques-uns de leurs disciples, brûlant de se donner la grâce du bourreau, à la suite de ces forcenés de doctrines. Ils n'aimaient ni le pape Pie VII, ni son ministre; il fallait leur complaire et les réprimer. L'oeuvre était délicate et difficile, car ces hommes se faisaient soutenir par leur gouvernement. Ce fut l'oeuvre du cardinal Consalvi; il fit aimer le gouvernement de Pie VII, sans jamais l'induire envers aucune puissance dans la moindre aigreur ou dans la moindre animadversion contre lui.