XIII
Quelques mois plus tard, me trouvant à Naples au moment où le Vésuve faisait sa mémorable explosion de 1811, je retrouvai le ministre prussien dans cette ville. Je sollicitai la permission de me joindre à lui pour aller observer de près, pendant une de ces nuits solennelles, le phénomène du volcan en éruption, pour entendre, de sa bouche savante et éloquente, les observations du Pline allemand sur cette illumination du volcan; il eut la bonté de me l'accorder. Nous partîmes de Naples à la nuit tombante; nous quittâmes nos voitures à Portici, dont le fleuve de lave coupait la route; nous nous avançâmes à travers les vignes crépitantes et les arbres incendiés par l'haleine de feu; nous passâmes la nuit et la matinée du jour suivant en présence de l'incendie de la terre. Guillaume écrivait, comme autrefois Pline, des notes sur l'éruption pour les envoyer à son frère; quant à lui, il parlait peu, il frissonnait comme nous aux secousses du sol, et à la chute des peupliers enveloppés de leurs treillages de flammes. Nous revînmes en silence à Naples au milieu du jour. Je ne le revis plus; il fut nommé ambassadeur à Londres, puis au congrès de Vienne, et mourut peu d'années après à Tégel, où il avait passé son enfance. Homme naturel, grand de sa propre grandeur, modeste, paisible, et ne demandant à personne une grandeur supérieure à celle que Dieu lui avait permis de développer pour sa patrie.