‹ Cours familier de Littérature - Volume 19Chapitre 67 sur 122 · XII

XII

Nous sommes, nous, habitants de la terre, comme une île gouvernée par notre soleil, roi séparé de cet amas de 18 millions d'autres soleils.

«Dans l'état actuel de la science, le système solaire se compose de onze planètes principales, de dix-huit lunes ou satellites, et d'une myriade de comètes dont quelques-unes restent constamment dans les limites étroites du monde des planètes: ce sont les comètes planétaires. Nous pourrions encore, avec toute vraisemblance, ajouter au cortége de notre soleil, et placer dans la sphère où s'exerce immédiatement son action centrale, d'abord un anneau de matière nébuleuse et animé d'un mouvement de rotation; cet anneau est probablement situé entre l'orbite de Mars et celle de Vénus, du moins il est certain qu'il dépasse l'orbite de la terre: c'est lui qui produit cette apparence lumineuse, à forme pyramidale, connue sous le nom de lumière zodiacale; en second lieu, une multitude d'astéroïdes excessivement petits, dont les orbites coupent celle de la terre ou s'en écartent fort peu: c'est par eux qu'on explique les apparitions d'étoiles filantes et les chutes d'aérolithes.

«Les onze planètes qui composent le système solaire sont accompagnées de quelques planètes inférieures ou lunes.

«Les comètes, qui laissent quelquefois entrevoir les étoiles à travers leur queue, semblent être un composé de matière gazeuse plus apparente que dangereuse.»

Quant aux pierres tombantes ou étoiles filantes qui étonnent souvent nos yeux, Humboldt les considère comme des millions de petites planètes emportées par un mouvement de rotation autour du soleil, et qui frappent aveuglément la terre quand nous les rencontrons, comme des papillons aveugles. Ce système, qui est aussi celui d'autres astronomes, paraît peu digne, peu vraisemblable ou peu conforme à la loi générale des astres. Leur nature calcinée les ferait plutôt croire volcaniques: matière élevée dans les airs par la force démesurée de projection, et retombant du haut de l'atmosphère terrestre sur notre hémisphère. Elles sont composées identiquement des mêmes huit métaux terrestres analysés par Berzélius, fer, nikel, cobalt, manganèse, chrome, cuivre, arsenic, étain, et de cinq terres qu'on retrouve dans notre terre. La lumière zodiacale récemment découverte ne révèle pas sa nature et son origine. Humboldt, qui la reconnaît et qui l'admire, conjecture qu'elle est le reflet d'astres innombrables et lumineux noyés dans les espaces les plus rapprochés du soleil.

L'étendue, la pesanteur, la température du globe entier de la terre se déterminent facilement.

La force magnétique, dont M. de Humboldt s'est spécialement occupé, lui semble résider dans les espaces célestes et diriger de là ces phénomènes.

Il examine ensuite l'écorce de notre planète et la géographie des plantes vivantes ou fossiles: ce n'est plus qu'un naturaliste; puis la formation des montagnes par l'action du feu ou plutonium; puis les mers, les vents, les climats, l'électricité; puis la vie, puis les animaux, puis l'homme.

Ici il s'arrête et il pense: