‹ Cours familier de Littérature - Volume 25Chapitre 31 sur 102 · XIII

XIII

Pendant que Florence jouissait ainsi de la paix philosophique sous un citoyen digne de rappeler Périclès, le reste de l'Italie était bouleversé par des crimes et des assassinats. Galéas Sforze, seigneur et tyran de Milan, périssait assassiné sur le seuil de la cathédrale, au milieu d'une procession solennelle, crime punissant un crime. Le peuple, au lieu de courir à la liberté, tua sur place deux des principaux conjurés qui croyaient s'armer pour la délivrance. Le plus jeune d'entre eux, semblable à Brutus, fut chassé de la maison de son père, où il avait cherché asile. Il se nommait Girolamo Olgiato et mourut en Romain sur l'échafaud; dépouillé et nu devant le bourreau, il prononça ces paroles latines qui retentirent dans beaucoup de coeurs: _Mors acerba, fama perpetua, stabit vetus memoria facti.--Mort amère, éternelle mémoire! le bruit de cet événement subsistera à jamais!_ Après ces paroles, les bourreaux l'écartelèrent avec ses complices.

Un enfant de huit ans, Jean Galéas, hérita de ce sang. Son infâme tuteur, Louis Sforze, persécuta sa veuve pour usurper sur le fils la puissance ducale; il fit périr Simonetta, ministre intègre de la pauvre mère.