‹ Cours familier de Littérature - Volume 25Chapitre 35 sur 102 · II

II

Une foule immense assiégeait d'acclamations le palais de Laurent. Il demanda généreusement grâce pour ses ennemis. Le peuple entendit, admira, applaudit, mais n'accorda rien qu'à sa rage.

Julien avait reçu dix-neuf coups de poignard de Bandini et de Pazzi; on lui fit des funérailles expiatoires à San-Lorenzo.

Politien, son ami, le décrit comme un homme d'une beauté accomplie: taille élevée, constitution solide et souple, force à la lutte, habileté à manier les coursiers, bravoure modèle, goût de tous les arts, passion pour la poésie, grâce pour les femmes, discrétion dans ses amours, tel fut son éloge ratifié par son temps. Ce ne fut qu'après sa mort que l'abbé Antonio de Sangullo révéla confidentiellement à Laurent l'existence d'un enfant né, un an auparavant, des amours de Julien avec mademoiselle Irma, personne de la famille des Goxini.

Laurent courut chercher l'enfant et l'adopta. Cet enfant célèbre fut pape sous le nom de Clément VII, et contribua à sauver l'Église. Machiavel écrivit son histoire.