‹ Cours familier de Littérature - Volume 25Chapitre 53 sur 102 · III

III

Politien ne le quitta plus; il fit venir à son insu un célèbre médecin de Ferrare, Lazaro de Ticino; il en attendait un miracle. Lazaro fit dissoudre des perles et des diamants qui ne firent qu'accroître le mal. Laurent fit approcher alors Pierre, son fils et son héritier, et lui parla longtemps des intérêts de la république et de sa famille.

«Je ne doute point, lui dit Laurent, que vous ne jouissiez, après moi, d'autant de crédit et d'autorité dans l'État que j'en ai eu moi-même; mais, comme la république, bien qu'elle ne forme qu'un seul corps, est composée d'un grand nombre de têtes, vous devez vous attendre qu'il ne vous sera pas possible de vous conduire, en toute occasion, de manière à obtenir l'approbation de chaque individu. Ressouvenez-vous donc de vous conformer toujours et dans tous les cas aux décisions de la plus stricte équité, et de consulter les intérêts du grand nombre plutôt que la satisfaction d'une portion des citoyens.»