‹ Cours familier de Littérature - Volume 27Chapitre 3 sur 94 · XXVIII

XXVIII

Le récit circonstancié de cette captivité et de cette conspiration de dix-neuf ans, intéressant dans une vie, est monotone pour l'histoire. Rien ne les diversifie que les sites de ces prisons et les trames toujours renaissantes et toujours coupées de la reine captive.

On ouvrit à Hamptoncourt, palais de Henri VIII, des conférences pour juger le procès de Marie Stuart avec ses sujets. Murray et les Écossais y produisirent les preuves de la complicité de Marie Stuart dans le meurtre de son mari, ses sonnets d'amour à Bothwell, les lettres de ce favori renfermées dans une cassette d'argent ciselé aux armes de son premier mari François II.

«Voudriez-vous donc épouser ma soeur d'Écosse? demanda un jour ironiquement Élisabeth au duc de Norfolk, qu'on croyait épris de sa prisonnière.--Madame, répondit le duc soulevé d'horreur par ces témoignages, je n'épouserai jamais une femme dont le mari ne peut dormir en sécurité sur son oreiller.»

Ni les accusations, ni les justifications ne paraissant satisfaisantes, Élisabeth rompit les conférences sans prononcer de jugement. Témoin de la lutte entre les différentes factions qui déchiraient l'Écosse, tout indique qu'elle s'en rapporta à ces factions pour lui livrer tôt ou tard leur pays; elle parut l'abandonner à son sort.