XXXIX
La mort de ses deux amis, le duc de Chevreuse et le duc de Beauvilliers, fit mourir la sainte ambition de Fénelon. Celui-ci détourna ses regards des décadences et des calamités du règne qui finissait, et il se tourna tout entier aux pensées immortelles. Ses écrits et ses correspondances de cette époque portent tous l'empreinte de cette mélancolie qui, dans les hommes de foi, n'est que le déplacement de leurs espérances d'ici-bas, là-haut.
L'amitié du moins lui restait; il en perdit la meilleure part avec l'abbé de Langeron, le disciple, le confident, le soutien de son coeur dans toutes les fortunes. L'abbé de Langeron expira dans les bras de son maître.