‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 19 sur 142 · LI

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Il fonda le _Conservateur_, organe des colères du parti ultraroyaliste contre les monarchistes modérés; il s'illustra de son talent et de ses fureurs. Il finit par s'allier avec les libéraux et se laissa nommer à l'ambassade de Londres. Là commence son rôle vraiment politique: il conçut la pensée de rallier l'armée française à la monarchie des Bourbons, en lui fournissant l'occasion de combattre contre la révolution d'Espagne.

Il écrivit, après son succès, l'_Histoire du congrès de Vérone_, où il força M. de Villèle et M. de Montmorency à l'envoyer. M. de Montmorency se retira. M. de Villèle consentit à l'admettre, comme ministre des affaires étrangères, dans son cabinet; il y servit mal ses collègues, favorisant tantôt leur politique, tantôt combattant sournoisement leurs plans, pour donner des gages ou des espérances aux libéraux.

Surpris dans une de ces manoeuvres équivoques, il fut brutalement congédié par le roi. Il sortit du conseil en Coriolan, et déclara le lendemain une guerre de vengeance au parti qu'il servait la veille. Le _Journal des Débats_, dont le chef, M. Bertin, était son ami, se dévoua à lui et lui prêta sa publicité ambiguë. Il rallia ainsi, dans une coalition néfaste, les amis et les ennemis de la Restauration dans une agression commune. La coalition de principes opposés, mais de haine commune, cette maladie organique de la France, ne laissa plus de doute aux amis des Bourbons sur leur ruine prochaine.