‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 22 sur 142 · LIV

LIV

M. de Chateaubriand, sollicité par le duc d'Orléans de s'unir à lui pour sauver la France, ne sauva que son honneur en donnant sa démission entre les mains de l'anarchie qu'il avait appelée. Il fit à la Chambre des pairs un discours équivoque, où il insultait les vaincus des trois journées de Juillet, tout en refusant sa complicité aux vainqueurs.

Cet apparat de fidélité le réconcilia avec les royalistes pour le disculper auprès des Bourbons. Il promit à la France de vaincre à lui seul la révolution, à l'aide de la liberté de la presse.

On la lui laissa, et il n'en fit usage que pour flatter les républicains par ses injures à Louis-Philippe et par ses caresses officielles à la monarchie exilée: sans dignité dans son style, sans sincérité dans ses démonstrations; ami de Carrel et de Béranger en France, et ami des Bourbons exilés en Allemagne, flairant la popularité sur les débris du trône légitime et sur les pressentiments de la démocratie prochaine, faux des deux côtés.