‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 39 sur 142 · LX

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Après _Atala_, il publia dans le _Génie du Christianisme_ le court épisode romanesque, poétique et religieux de _René_.

_René_ est, selon moi, le plus accompli de ses ouvrages, s'il n'en est pas le plus irréprochable. C'est un frère qui aime à son insu sa soeur, et qui en est aimé.

L'ombre de l'inceste était une ombre néfaste à répandre sur cet amour, même vaincu. La religion en triomphe: Amélie se précipite dans un monastère; René ou Chateaubriand s'embarque et vogue, désespéré, vers l'Amérique.

Il revient et la trouve morte, voilà tout; mais c'est écrit par Chateaubriand; le mystère ajoute à l'amour. Jamais ces deux prestiges mêlés ne composèrent un tel breuvage pour des imaginations malades. La France littéraire n'a pas deux pages aussi enivrées. L'homme qui a osé les écrire fut plus et moins qu'un homme en les dictant, il fut le martyr du ciel et de la terre; il faut chercher son nom et ne pas le prononcer, comme celui de la passion ineffable devant l'ineffable feu du désir et les ineffables larmes de l'expiation.