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Après Atala, il publia dans le Génie du Christianisme le court épisode romanesque, poétique et religieux de René.

René est, selon moi, le plus accompli de ses ouvrages, s'il n'en est pas le plus irréprochable. C'est un frère qui aime à son insu sa soeur, et qui en est aimé.

L'ombre de l'inceste était une ombre néfaste à répandre sur cet amour, même vaincu. La religion en triomphe: Amélie se précipite dans un monastère; René ou Chateaubriand s'embarque et vogue, désespéré, vers l'Amérique.

Il revient et la trouve morte, voilà tout; mais c'est écrit par Chateaubriand; le mystère ajoute à l'amour. Jamais ces deux prestiges mêlés ne composèrent un tel breuvage pour des imaginations malades. La France littéraire n'a pas deux pages aussi enivrées. L'homme qui a osé les écrire fut plus et moins qu'un homme en les dictant, il fut le martyr du ciel et de la terre; il faut chercher son nom et ne pas le prononcer, comme celui de la passion ineffable devant l'ineffable feu du désir et les ineffables larmes de l'expiation.

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