‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 81 sur 142 · XXIII

XXIII

Le temps était propice: les superstitions populaires dont le moyen-âge avait obscurci les sublimes vérités morales du christianisme; les richesses démesurées du clergé, le luxe et la corruption des pontifes, les scandales des évêques de cour; le progrès des sciences physiques rendant aux miracles le caractère de phénomènes naturels; le nombre des monastères d'hommes et de femmes possesseurs oisifs d'une partie du territoire; les priviléges et les exemptions d'impôts de ces corporations de célibataires substitués à la famille, source et but de toute société durable, tout cela avait commencé contre les moeurs du clergé une réaction qui devait aller jusqu'aux dogmes.

La cour, le parlement, la noblesse, le paysan, la bourgeoisie, le clergé inférieur lui-même étaient les complices secrets de Voltaire dans cette réforme des idées et des institutions religieuses qu'il avait le premier provoqué par le ridicule; ensuite son scepticisme flattait les impies, tandis que son théisme édifiait les sages et que son esprit déridait tout son siècle.