‹ Curiosa: Essais critiques de littérature ancienne ignorée ou mal connueChapitre 1 sur 45 · IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE

_deux cents exemplaires_ sur _PAPIER DE HOLLANDE_

CURIOSA

_Essais critiques_

DE LITTÉRATURE ANCIENNE

IGNORÉE OU MAL CONNUE

PAR

ALCIDE BONNEAU

[Logo de l’Éditeur]

PARIS ISIDORE LISEUX, ÉDITEUR Rue Bonaparte, n° 25 1887

AVERTISSEMENT

Ce recueil est formé d’Études et de Notices placées en tête de réimpressions ou de traductions d’ouvrages curieux à quelque titre, qui ont été publiées depuis une dizaine d’années environ par M. Isidore Liseux. Voltaire disait, non sans une apparence de raison, qu’un livre qui n’a pas eu de nombreuses éditions mérite l’oubli dans lequel on l’a laissé tomber, et il aurait volontiers établi la valeur intrinsèque d’un ouvrage d’après le plus ou moins de facilité avec laquelle on se le procure. A ce compte nous aurions donc fait, M. Isidore Liseux et moi, une besogne bien inutile, car, à peu d’exceptions près, nous ne nous sommes guère occupés que de ce qui était rare, en quelque sorte inédit, et parfois introuvable. On ne peut cependant pas s’absorber éternellement, comme un prêtre de Bouddha regardant son nombril, dans la contemplation d’Homère, de Virgile, d’Horace, de Shakespeare, de Dante, de Bossuet, et rééditer sans cesse, pour y découvrir de nouvelles sources d’intérêt et d’admiration, le _Télémaque_, les _Oraisons funèbres_, l’_Esprit des Lois_, ou le _Siècle de Louis XIV_! Qu’il soit bon de faire de ces chefs-d’œuvre incontestés sa nourriture habituelle, nous ne le nions pas; mais combien de livres pleins d’attraits et de mérites ont été submergés depuis trois ou quatre cents ans par la marée montante des publications nouvelles, et valent cependant la peine d’être tirés de la demi-obscurité où ils sommeillent! Le goût des choses anciennes nous portait tous les deux vers ces curiosités littéraires, qui sont, comme le disait très bien Paul de Saint-Victor, le dessert de l’esprit, après le repas substantiel des maîtres; et de notre collaboration journalière, l’un s’appliquant à les rechercher, l’autre à les traduire ou à les présenter, par une étude préliminaire, à un public restreint d’amateurs, est né ce volume. Les humanistes et les érudits de la Renaissance: Pogge, Laurent Valla, Érasme, Henri Estienne; les conteurs Italiens, de Boccace à Batacchi et à l’abbé Casti: Sacchetti, Firenzuola dont il n’existait aucune traduction Française, Pietro Aretino, si décrié et si inconnu; les poètes humoristiques, comme Pacifico Massimi, Lorenzo Veniero, Baffo, nous ont attirés tour à tour et insensiblement amenés à Nicolas Chorier, à l’auteur anonyme des _Heures perdues d’un cavalier Français_ et aux conteurs du XVIIIe siècle: Crébillon fils et Voisenon.

Dans son ensemble, notre recueil forme une sorte de Supplément à l’histoire de la littérature Italienne et de la littérature Française, ses meilleures pages étant consacrées à des auteurs ou à des ouvrages sur lesquels les traités _ex-professo_ ne fournissent que des notions inexactes ou confuses, quand ils ne sont pas absolument muets. Nous avons dû cependant, pour ne pas grossir le volume au-delà de toutes proportions, ne présenter qu’en abrégé quelques-uns de nos travaux, comme l’Essai sur les livres de Civilité, l’Étude historique qui précède la _Donation de Constantin_, de Laurent Valla, la Notice où nous avons définitivement résolu l’attribution à Nicolas Chorier des _Dialogues de Luisa Sigea_, l’Essai sur la langue érotique, préliminaire au _Dictionnaire_ de Blondeau; d’autres, sur Robert Gaguin et son poème de l’_Immaculée Conception_, sur les _Sonetti lussuriosi_ de Pietro Aretino, sur les _Confessions_ de Jean-Jacques Bouchard (réimprimé dans la _Curiosité littéraire et bibliographique_, 2e série), n’ont pu y prendre place. Il nous suffira de les mentionner.

Paris, Mars 1887.

CURIOSA