‹ Curiosités, superstitions, chansons et coutumes de l’Ille-et-VilaineChapitre 8 sur 9 · 4.3

4.3

La pluie ne dura pas longtemps. Le soleil reparut radieux. Le meunier prit congé de ses hôtes et, se rappelant sa promesse du matin qui consistait à revenir au moulin s’il rencontrait trois femmes aussi naïves que la sienne, il s’achemina vers sa demeure.

Ne vaut-il pas mieux, songeait-il en marchant, endurer chez soi les faiblesses d’esprit de sa femme que de s’en aller, de par le monde, voir et entendre les absurdités de toutes sortes que commettent et débitent des étrangers.

Il arriva au Boël où sa mère et sa femme, espérant bien le voir revenir à chaque instant, l’attendaient avec impatience.

Une bonne soupe au lard cuisait sur le feu et répandait une odeur qui vint chatouiller agréablement les narines du nouveau marié.

Vraiment ému, le meunier embrassa tout le monde et raconta, en mangeant sa soupe, les singulières rencontres qu’il avait faites dans la journée.

À partir de ce moment, jamais ménage ne fut plus heureux, et les nombreux enfants que le ciel envoya aux jeunes époux eurent tous des noms chrétiens, malgré les appréhensions de la meunière qui craignait tant comme oui que tous les noms fussent pris comme oui.

q