‹ De cinq à septChapitre 7 sur 9 · Scène VIII

Scène VIII

ANDRÉ :

(entre en coup de vent), (joyeux). Tu as appris la bonne nouvelle ?

FRED :

(ne pensant qu’à l’amour de Jacqueline). Oui ! elle m’aime.

JACQUELINE :

(sautant au cou de son oncle). Ah ! mon oncle, venez ici que je vous embrasse.

ANDRÉ :

Ma chéri, c’est vrai ?

JACQUELINE :

(fait un signe affirmatif).

ANDRÉ :

(ému et content). Fred, je veux être le premier à te féliciter. J’ai toujours pensé que le célibat n’était pas fait pour toi ; mais, au fait, tu n’as pas l’air d’être au courant ?

FRED :

De quoi ?

ANDRÉ :

De ton contrat. Tu n’as pas reçu un télégramme ?

FRED :

Oui, mais je ne l’ai pas lu.

ANDRÉ :

Tu ne l’as pas lu… il ne l’a pas lu. Mais pauvre vieux, ton affaire est réussie, le Ministre accepte tes soumissions, le contrat est signé…

FRED :

(se précipitant sur la table où il a laissé le télégramme). Qu’est-ce que tu dis ? Toi, ne blagues pas, je t’assure que le temps est mal choisi.

ANDRÉ :

Je te dis toute la vérité. Je viens de l’apprendre au Cercle… ah ! veinard, tout te réussit : l’amour, les affaires… plains-toi donc maintenant.

FRED :

(qui a lu nerveusement, à Jacqueline, l’émotion dans la voix). Merci de m’avoir aimé quand même, vous m’avez sauvé la vie.

JACQUELINE :

(regardant le revolver sur la table). L’affreux revolver c’était donc ?…

FRED :

Oui… je vous expliquerai plus tard la bêtise que j’allais commettre (à André visiblement ému). À toi aussi, mon vieux, mon bon ami, merci. (il lui prend la main qu’il serre fortement).

JACQUELINE :

Tout cela est bien joli, mais qu’est-ce que je fais de mon réveillon. Ah ! tiens, où ai-je la tête ? Je compte sur vous, n’est-ce pas ?

FRED :

Àune condition.

JACQUELINE :

(coquette). Laquelle, Monsieur ?

FRED :

Que vous me permettrez de demander votre main à vos parents…

JACQUELINE :

(joyeuse). Mais je vous l’accorde d’avance.

FRED :

(l’embrassant). Ma chère fiancée !

ANDRÉ :

(se retournant). Enfin ! ce n’est vraiment pas trop tôt !

JACQUELINE :

(pendant que Fred lui aide à mettre son manteau). À ce soir ! vous serez des nôtres, mon oncle ?

ANDRÉ :

De grand cœur, ma chère petite. Ma voiture est en bas, tu me permets de te reconduire chez toi ?

JACQUELINE :

Mais très volontiers.

(Ils sortent ensemble en causant joyeusement. Fred revient presqu’aussitôt).

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