‹ De l'Amour Édition revue et corrigée et précédée d'une étude sur les oeuvres de Stendhal par Sainte-BeuveChapitre 101 sur 163 · LX. - LXXVIII - LXXIX

LX. - LXXVIII - LXXIX

En amour, quand on _divise_ de l'argent, on augmente l'amour; quand on en _donne_, on _tue_ l'amour.

On éloigne le malheur actuel, et pour l'avenir l'odieux de la crainte de manquer, ou bien l'on fait naître la _politique_ et le sentiment d'être deux, on détruit la sympathie.

(Messe des Tuileries, 1811.)

Les cérémonies de la cour avec les poitrines découvertes des femmes, qu'elles étalent là comme les officiers leurs uniformes, et sans que tant de charmes fassent plus de sensation, rappellent involontairement à l'esprit les scènes de l'Arétin.

On voit ce que tout le monde fait _par intérêt d'argent_ pour plaire à un homme; on voit tout un public agir à la fois sans morale et surtout sans passion. Cela joint à la présence de femmes très décolletées avec la physionomie de la méchanceté et le rire sardonique pour tout ce qui n'est pas intérêt personnel payé comptant par de bonnes jouissances, donne l'idée des scènes du Bagno, et jette bien loin toute difficulté fondée sur la vertu ou sur la satisfaction intérieure d'une âme contente d'elle-même.

J'ai vu, au milieu de tout cela, le sentiment de l'isolement disposer les coeurs tendres à l'amour.