CLXII
Je transcris les lignes suivantes d'une lettre française que je reçois de Znaïm, en observant qu'il n'y a pas dans toute la province un homme en état de comprendre la femme d'esprit qui m'écrit:
«... L'accident fait beaucoup en amour. Lorsque je n'ai pas lu de l'anglais depuis un an, le premier roman qui me tombe sous la main me semble délicieux. L'habitude d'aimer une âme prosaïque, c'est-à-dire lente et timide pour tout ce qui est délicat, et ne sentant avec passion que les intérêts grossiers de la vie: l'amour des écus, l'orgueil d'avoir de beaux chevaux, les désirs physiques, etc., etc., peut facilement faire paraître offensantes les actions d'un génie impétueux, ardent, à imagination impatiente, ne sentant que l'amour, oubliant tout le reste, et qui agit sans cesse, et avec impétuosité, là où l'autre se laissait guider, et n'agissait jamais par lui-même. L'étonnement qu'il donne pour offenser ce que nous appelions, l'année dernière, à Zithau, l'orgueil féminin: est-ce français, ça? Avec le second on a de l'_étonnement_, sentiment que l'on ignorait auprès du premier (et, comme ce premier est mort à l'armée, à l'improviste, il est resté synonyme de perfection), et sentiment qu'une âme pleine de hauteur et privée de cette aisance qui est le fruit d'un certain nombre d'intrigues peut confondre facilement avec ce qui est offensant.»