‹ De l'Amour Édition revue et corrigée et précédée d'une étude sur les oeuvres de Stendhal par Sainte-BeuveChapitre 95 sur 163 · LXVI - LXVII

LXVI - LXVII

Bologne, 17 avril 1817.

Ave Maria (twilight), en Italie, heure de la tendresse, des plaisirs de l'âme et de la mélancolie: sensation augmentée par le son de ces belles cloches.

Heures des plaisirs, qui ne tiennent aux sens que par les souvenirs.

Le premier amour d'un jeune homme qui entre dans le monde est ordinairement un amour ambitieux. Il se déclare rarement pour une jeune fille douce, aimable, innocente. Comment trembler, adorer, se sentir en présence d'une divinité? Un adolescent a besoin d'aimer un être dont les qualités l'élèvent à ses propres yeux. C'est au déclin de la vie qu'on en revient tristement à aimer le simple et l'innocent, désespérant du sublime. Entre les deux se place l'amour véritable, qui ne pense à rien qu'à soi-même.