XIX - XX
Dans la paix, Napoléon s’exerce à la guerre par l’implacable exercice de la raison. Il est admirable, comme un Étai fondé sur la raison, se gouverne par les maximes de la force. Sa loi est sans pitié.
La connaissance de l’or et du pouvoir véritable dépend de la raison. Par la haine qu’on lui voit des voleurs domestiques, des parasites, de la concussion, on sent que le respect de l’or était dans Napoléon une habitude dominante. Nul n’aimait moins la fortune pour soi-même; mais il avait pénétré le sens de l’or. Il n’aime pas l’or comme un avare. L’avare est l’esclave du signe. Napoléon, sous le signe, adhère au fait comme la pie-mère au cerveau. Il vénère l’or en conquérant. Le conquérant a sa façon de vénérer, qui est la possession jalouse. S’il avait pu, Napoléon eût été l’unique banquier de l’univers: il rêvait de détenir tout l’or et tout le crédit de la planète.