l’anniversaire de la reddition de
Lord Cornwallis
au Général Washington à Yorktown,
A.D. 1781,
sous les auspices de l’
Association pour le monument de Washington
de la cité de New-York.
C’est une traduction littérale de l’inscription, faite par Pundit lui-même, de telle sorte que vous pouvez être sûr de sa fidélité. Du petit nombre de mots qui nous sont ainsi conservés, nous pouvons tirer plus d’un renseignement important ; et l’un des plus intéressants est assurément ce fait, qu’il y a mille ans, les monuments réels étaient déjà tombés en désuétude : on se contentait, comme nous aujourd’hui, d’indiquer simplement l’intention d’élever un monument — quelque jour à venir ; une pierre angulaire était posée « solitaire et seule » (vous m’excuserez de vous citer le grand poète amriccan Benton !) comme garantie de cette magnanime intention. Cette admirable inscription nous apprend en outre d’une façon très précise le comment, le lieu et le sujet de la grande reddition en question. Pour le lieu, ce fut Yorktown (qui se trouvait quelque part ;) quant au sujet, ce fut le Général Cornwallis (sans doute quelque riche négociant en blé). C’est lui qui se rendit. L’inscription mentionne celui à qui se rendit — qui ? Lord Cornwallis. Resterait à savoir pourquoi les sauvages pouvaient désirer qu’il se rendît. Mais quand nous nous souvenons que ces sauvages étaient sans aucun doute des cannibales, nous arrivons naturellement à cette conclusion : qu’ils voulaient en faire un saucisson. Quant au comment, rien ne saurait être plus explicite que cette inscription. Lord Cornwallis se rendit (pour devenir un saucisson) « sous les auspices de l’association du monument de Washington », — sans doute une institution de charité pour le dépôt des pierres angulaires.
Mais grands Dieux ! qu’arrive-t-il ? Ah ! je vois ce que c’est : le ballon vient d’en rencontrer un autre ; il y a eu collision, et nous allons piquer une tête dans la mer.
Je n’ai donc plus que le temps d’ajouter ceci : que d’après une hâtive inspection des fac-simile des journaux, etc., etc. je découvre que les grands hommes de cette époque parmi les Amriccans furent un certain John, forgeron, et un certain Zacharie, tailleur.
Adieu, jusqu’au revoir. Recevrez-vous oui ou non cette lettre ? c’est là un point de peu d’importance, puisque je l’écris uniquement pour mon propre amusement. Je vais mettre le manuscrit dans une bouteille bien bouchée et la jeter à la mer.
Éternellement vôtre,
PUNDITA.