‹ Deux essais: Octave Mirbeau, Romain RollandChapitre 6 sur 7 · III

III

Plusieurs volumes déjà de l’histoire de Jean-Christophe étaient publiés, lorsque M. Romain Rolland fit cette déclaration:

«J’étais isolé. J’étouffais, comme tant d’autres en France, dans un monde moral ennemi; je voulais respirer, je voulais réagir contre une civilisation malsaine, contre une pensée corrompue par une fausse élite; je voulais dire à cette élite: «Vous mentez, vous ne représentez pas la France.» Pour cela, il me fallait un héros aux yeux et au cœur purs, qui eût l'âme assez intacte pour avoir le droit de parler, et la voix assez forte pour se faire entendre. J’ai bâti patiemment ce héros. Avant de me décider à écrire la première lettre de l’ouvrage, je l’ai porté en moi pendant des années; Christophe ne s’est mis en route que quand j’avais déjà reconnu la route jusqu’au bout... Il est clair que je n’ai jamais eu la prétention d’écrire un roman... Qu’est-ce donc que cet ouvrage? Un poème?--Qu’avez-vous besoin d’un nom? Quand vous voyez un homme, lui demandez-vous s’il est un roman, ou un poème? C’est un homme que je fais. La vie d’un homme ne s’enferme point dans le cadre d’une forme littéraire. Sa loi est en elle; et chaque vie a sa loi. Son régime est celui d’une force de la nature. Il y a des vies humaines qui sont des lacs tranquilles, d’autres de grands cieux clairs où voguent les nuages, d’autres des plaines fécondes, d’autres des cimes déchiquetées. Jean-Christophe m’est toujours apparu comme un fleuve...»

Après trois drames,--Le 14 Juillet, Danton, Les Loups,--M. Romain Rolland interrompit l’épopée révolutionnaire qu’il rêvait de développer en dix actions théâtrales, pour édifier ce nouvel ouvrage, également en dix volumes, car, dans son désir d’élévation, il voit grand et s’attaque toujours aux grandes choses. C’était la vie d’un musicien de génie, Jean-Christophe Krafft, au nom déchirant comme un éclair et qui avait pour patron «le bon géant» qui porta Dieu sans le savoir.

Les livres se succédèrent, circulant d’abord sous le manteau, sans bruit, sans éclat, pénétrant plus avant à mesure de leur nombre, sans réclame, gagnant par leur seule force le cœur des hommes, jusqu’au moment où, à l’étonnement du public devant cette abondance qui débordait les genres communs, M. Romain Rolland déclara qu’il faisait un homme et un censeur.

Ainsi se divise cette œuvre colossale, en deux grandes parties, non pas distinctes ni successives, mais constamment emmêlées, tramées ensemble, comme le sont nos raisonnements avec notre existence. Il y a des volumes entiers de roman, d’autres de critique, d’autres à la fois de critique et de roman; mais toujours, au milieu de la variété des épisodes, de la masse des personnages, de l’entassement des jugements et des faits, parmi les sentiments, les symboles, les paysages, les contradictions, dans cette forêt humaine d’où montent tant de voix, on suit les degrés de la construction.

Jean-Christophe est une œuvre volontaire, élevée avec ténacité et méthode, sans génie, mais exubérante de talent dans la partie romanesque. M. Romain Rolland a exécuté laborieusement un plan préconçu, où il a distribué, dans une succession de cases, tous ses ballots de notes sur les mœurs et la société. Son héros est un prétexte commode à passer en revue tous les mondes, des salons à la rue. C’est une suite de morceaux, semblablement composés, amorcés chacun dans les dernières lignes du précédent, et mis côte à côte, sans autre lien que le dessein de l’auteur d’attaquer un nouveau milieu.

D’abord, c’est la vie de Jean-Christophe: ses parents, sa naissance, sa jeunesse. Il est d’une race flamande de «colosses à la figure rouge», exerçant, depuis cinquante ans, leur métier de musicien dans une petite ville princière des bords du Rhin. Son père est ivrogne, sa mère cuisinière; la famille s’effrite, s’appauvrit quand il vient au monde, et tout de suite apparaissent les thèmes conducteurs.

C’est dans la chambre de l’accouchée, le soir; la lampe basse donne une demi-clarté; le père est dehors, à boire. «Dans le lit, près de la mère, l’enfant s’agitait de nouveau. Une souffrance inconnue montait du fond de son être. Il se raidit contre elle. La douleur grandissait, tranquille, sûre de sa force... Comme son être même elle lui semble sans limites; il la sent installée dans son sein, assise dans son cœur, maîtresse de sa chair. Et cela est ainsi: elle n’en sortira plus qu’après l’avoir rongée.» Et tout à coup, il entend les cloches. «Leur voix était grave et lente. Dans l’air mouillé de pluie, elle cheminait comme un pas sur la mousse. L’enfant se tut au milieu d’un sanglot. La merveilleuse musique coulait doucement en lui, ainsi qu’un flot de lait. Sa douleur s’évanouit, son cœur se mit à rire; et il glissa dans le rêve avec un soupir d’abandon.»

La souffrance, la musique: les deux vautours qui déchireront le cœur de cet homme s’emparent de lui dès le berceau. Désormais il n’aura plus de répit. Ces motifs, où l’on reconnait la double passion de M. Romain Rolland, vont se préciser, s’agrandir, se développer et remplir toute l'œuvre de leurs variations désespérées et enthousiastes.

Après L’Aube, ils s’imposent plus fortement encore dans Le Matin où se découvrent la première inquiétude de l’amour en germe dans l’amitié, la première duperie du cœur et la leçon farouche de la mort. Puis, dans L’Adolescent, c’est la lutte contre la vie, l’expérience décevante de la femme, l’effroyable retour des vices paternels, «les revenants» que Christophe doit étrangler pour gagner enfin la liberté de l'âme, azur profond où son génie va rayonner.

L’homme est bâti, forgé à coups de misère, discipliné par l’impérieux devoir de vivre. Il est pur, car il a triomphé de lui-même; il est avisé pour avoir réfléchi sur les choses; il est fort, de toute la force de son tempérament, de sa jeunesse et de son cœur. M. Romain Rolland a désormais son héros, un puissant porte-parole, pour crier à toute gorge la vérité.

A partir de La Révolte, tous les volumes sont envahis par la critique et la théorie. L’Allemagne, la première, passe à la toise.

Christophe est «dans une période de réaction aveugle contre toutes les idoles de son enfance». Il relève et bafoue «le mensonge allemand», «l’écœurante sensibilité qui dégoutte de l'âme allemande comme d’un souterrain humide» et cette hypocrisie d’idéalisme qui n’est que «la peur de regarder la vie en face». Il sabre, sans pitié et justement, tous les musiciens de Bach à Wagner, exaltant leurs beautés avec autant de fougue qu’il condamne leurs fautes. Il va jusqu’à se colleter avec le public le plus digne et le plus caporalisé du monde, et, dans son ivresse de vingt ans, il jure de recréer ce peuple qui, malgré lui, l’enlise et l’étouffe ainsi que des sables mouvants.

Mais déjà deux figures de la France ont passé au milieu du désarroi de la bataille: Antoinette et Corinne, l’institutrice et l’actrice. C’est au sommet le plus douloureux de la symphonie, deux motifs étrangers qui percent, l’un grave et tout rond d’inconnu, l’autre exubérant et superficiel comme le rire forcé d’une coquette. La double nature de la France se révèle au premier contact. Selon son procédé de préparation, M. Romain Rolland module brièvement les nouveaux thèmes qu’il développera plus tard avec La foire sur la place et Dans la Maison.

Christophe est touché. Traqué par la ville ennemie, perdu dans la solitude, il crie vers le pays de la liberté. En vain la grandeur de «l’idéalisme allemand, qu’il avait tant de fois haï», lui est-elle démontrée par deux personnages symboliques: le vieux Schulz et Modesta l’aveugle, celle-ci niant ses ténèbres et celui-là détournant de la réalité blessante ses yeux «devant lesquels avaient passé tant de chagrins et qui ne voulaient pas les voir». En vain comprend-il enfin «la beauté de cette foi qui crée un monde au milieu du monde, et différent du monde, comme un îlot dans l’océan», et «la haute sagesse pratique de la race, qui s’était bâti peu à peu son grandiose idéalisme pour dompter ses instincts sauvages ou pour en tirer parti». Il se détourne de son Allemagne, «aimant mieux mourir que de vivre d’illusions», et une rixe d’auberge, dans laquelle il assomme quelques soudards à coups d’escabeau, le jette brusquement, fuyard nocturne, sur le sol de la France.

L'œuvre, désormais, devient plus systématique encore. Christophe tombe à Paris au milieu de La foire sur la place, circule hâtivement d’une baraque à l’autre et se révolte de ne trouver que pitrerie et fausseté là où il espérait la franchise. Alors la satire commence. Un à un les milieux défilent: les gens de lettres et la littérature; les musiciens et les concerts; les cénacles et la critique; les théâtres du Français au Grand Guignol; les salons où règne la femme, où se perd la jeune fille; les politiciens, l’aristocratie, les universités populaires, les fanatiques; tout ce qui a un nom, peut se classer sous une rubrique, est saisi, criblé, tandis que croît à mesure l’amoncellement des frivolités, du bavardage, des vices et de la corruption, jusqu’à la grande image où M. Romain Rolland déploie la vision du géant mort, le Paris de la victoire, debout dans «l’arche napoléonienne, sous le talon de laquelle grouillait aujourd’hui Lilliput».

Puis, le motif de la vraie France repasse tout à coup, avec Sidonie, la servante bretonne qui soigne Christophe malade, et l’évocation de Jeanne d’Arc. L’Allemand ne comprend pas, hésite au bord d’un inconnu dont la puissance soupçonnée l’attire, et il faut qu’il vienne un ami, Olivier, qui le guide, le pousse Dans la maison où s’est retirée l'âme orgueilleuse et solitaire de la race.

Voici le visage après le masque: la force, l’enthousiasme, le besoin de vérité, l’amour de la liberté, l’attachement à sa terre. «Nuls hommes plus libres au monde» que ces Français qui ont tout pénétré, tout élagué et vivent gaillardement dans le froid clair de la raison. Leur idéalisme est «la joie d'être toujours plus libre», de narguer davantage le néant. Ce n’est pas le mensonge allemand qui se détourne; c’est la bravade. Et penché sur cet abîme de lumière éblouissante, Christophe bat des paupières, pris de vertige.

Le but paraît atteint. M. Romain Rolland a dénoncé les faussaires et exalté les braves gens. Il a tenté un rapprochement des deux nations ennemies par les Arts, et l’on peut croire que Jean-Christophe va reprendre sa belle vie palpitante; mais de plus en plus, au cours des derniers volumes il ne demeure en scène que pour présenter successivement des cas et des personnages. Le raisonnement, la discussion un peu lourde et qui avance pas à pas, l’argutie paradoxale, les types, les milieux refluent à pleines pages. Les liens se relâchent, la construction s’amenuise jusqu’à l’équilibre; il y a des transitions grossières, des imprévus naïfs; l'œuvre n’est plus une belle poterie de pâte homogène, mais un bloc d’aggloméré où pointent des cailloux disparates.

Le mariage, le célibat, l’enfant, l’adultère; la guerre, la patrie, la famille, l’amour, le bonheur; le féminisme, le sémitisme, le socialisme, M. Romain Rolland remet tout en question. Avec ténacité, il épuise tous les sujets. Jean-Christophe tient du journal écrit en hâte, au jour le jour. Une dissertation sur la liberté des femmes voisine avec un jugement sur la Bible. On y sent le reflet de la dernière lecture; on y touche la dernière impression; et sous ce pêle-mêle de réflexions, d’idées, de critiques, ronflent régulièrement les basses immuables: la souffrance, le sacrifice, l’art utilitaire, la foi dans la vie.

Sans doute, l’intention est toujours noble, les idées toujours saines, même contradictoires, car M. Romain Rolland pousse ses développements au point que les contraires semblent également vrais; sans doute, ses types sont gravés justes, en quelques traits incisifs: Lévy-Cœur le dilettante, Achille Roussin le député socialiste, la Feuillette le gniaf révolutionnaire; sans doute encore, une abondance généreuse gonfle ces pages; mais tout de même, à mesure, une oppression nous gagne dans ce fourré; une lassitude nous énerve, à force d'être frappé au visage par mille branchettes; nous souhaitons la délivrance, la clairière; et quand elle s’ouvre, à la seconde partie du Buisson Ardent, sous forme d’un roman brusque et tragique, nous crions d’allégresse. C’est la dissonance cruelle, humaine--le dernier ressaut des passions de Jean-Christophe--qui va se résoudre en la paix définitive de cette Nouvelle Journée, que M. Romain Rolland voulait justement nommer L’Aube Nouvelle. Le rythme musical de l'œuvre se referme sur un commencement: renouveau des générations croyantes, éclosion, dans la sérénité, de l'âme du héros, libérée de la chair, libérée de l’amour, de l’amitié même, face à face avec son dieu d’harmonie qu’elle a cherché dans une vie de tourmente.

Car, il faut le reconnaître, le meilleur de cet énorme ouvrage n’est point dans la pensée, mais dans la reconstitution d’une vie humaine. La partie censoriale, à laquelle M. Romain Rolland semble attacher le plus d’importance, et en vue de quoi il dit avoir formé son héros, est discutable et souvent peu originale. Par contre, le côté romanesque, et à proprement parler artistique, atteint à la perfection par la simplicité et la profondeur dans la sensibilité. Laissons le penseur aux discutailleries des critiques et admirons l’artiste sans réserve.

Quels livres sur la jeunesse de l’homme sont plus beaux que L’Aube, Le Matin et L’Adolescent! Où y a-t-il une compréhension plus magnifique de l’enfant, aboutissement des sèves d’une race, lentement éclairé par la vie dans son intériorité brumeuse! Certes, Jean-Christophe est un génie, recréé avec la chair et la pensée de tous les grands musiciens de Beethoven à Hugo Wolf, mais, avant tout, Jean-Christophe est un homme. On éprouve pour lui plus que de l’amitié, une sorte d’amour égoïste, parce qu’on se retrouve, à chaque instant, dans ses souffrances et ses joies qui remuent, au fond de nous-même, la couche des plus vieux souvenirs.

La beauté de ces ouvrages, et ce qui en assure la pérennité, est d’avoir constamment touché le général. On ne prend pas seulement à leur lecture le plaisir intellectuel de fréquenter des types bien observés, qui se meuvent dans une ambiance appropriée, on goûte, en outre, l’émotion plus rare de revivre sa propre existence jusqu’en des sensations vagues que le texte révèle et précise.

Tous, nous avons été Jean-Christophe, cette boule de vie, avenir et passé à la fois, gonflée de possibilités et tourmentée par les siècles; nous avons gémi, au berceau, sous l’emprise de l’éternelle douleur, et nous gardons aussi dans la mémoire des empreintes durables--«Le Fleuve... Les Cloches...»--qui dépassent notre conscience.

Nous découvrons le monde. Nous avons des complicités avec maman, des jeux avec les choses. Grand-père conte des histoires et nous forgeons des mythes. Nous portons en nous notre univers que nous régissons en maître. Nous sommes tendres, ingénus, avec la fierté puérile qui est l’égoïsme naturel, jusqu’au jour où nous trébuchons sur l’injustice.

Les épisodes s’enchaînent, admirables de délicatesse et de vérité humaines. Christophe est bafoué, chez des bourgeois où sa mère fait la cuisine, par les enfants qui reconnaissent sur son dos leurs vieux habits rajustés. Christophe frôle l’ombre de la mort en dénichant, dans une armoire, les vêtements d’un petit frère qu’il n’a jamais vu. Christophe s’aperçoit, à table, qu’il n’y a pas de pommes de terre pour tout le monde et se prive. Christophe réveille un jour «la divine musique» en heurtant le clavier d’une boîte merveilleuse...

Chaque étape sentimentale est marquée par un fait. Il n’y a pas d’analyse. Il n’y a que des actes dont les réactions sont grosses d’émotion et de philosophie. Le livre se développe comme une vie, dans le mouvement, avec des poussées lyriques et des cris de détresse. L’observation est toujours juste, la sensibilité toujours riche, la conception d’ensemble saine et robuste.

C’est la perfection même de l’art du roman, sans rabâchage psychologique et sans parti pris réaliste. Toutes les peintures sont simples et colorées comme il convient, avec finesse ou brutalité. La nature est à son plan, non point en descriptions extasiées, mais en notations courtes qui s’adressent à tous les sens: la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, et refont en nous le bel accord. Le bruit du grand fleuve, qui gronde derrière la maison, est sous toutes les pages et, deci delà, montent des fumets de campagne humide, comme si l’on se roulait en pleine herbe, sur la terre moite.

M. Romain Rolland a eu le courage de reprendre simplement la simple évolution de notre vie. Il aborde l’amour, avec raison, par l’amitié qui n’en est, dans l’affection de deux petits garçons, que la première secousse mystique. Puis, la femme paraît, encore fillette, ignorante, armée seulement de son instinct, et déchaîne tout le sentiment avec sa violence sincère et trouble qui épouvante et incline davantage à la chasteté. On ne sait pas encore. Il faudra une autre expérience pour viriliser l’amour, lui révéler la part des sens dans un baiser, avant de l’amener enfin à sa plénitude dans la possession triomphante.

C’est le cycle coutumier que notre âme a parcouru jusqu’en ses détours. Nous y retrouvons les échos de nos passions et les reflets des moindres nuances de notre sensibilité. Autant d’espoirs nous ont soulevés, autant de trahisons et de morts nous ont abattus. La douleur de Christophe est à la mesure des hommes, voilà pourquoi elle nous empoigne jusqu’aux larmes, jusqu’à nous faire pleurer de souvenir.

Qu’a-t-on écrit de plus pénétrant sur l’amitié, de plus simple et de plus émouvant sur la patrie, de plus tragique sur l’adultère? C’est Christophe qui tombe sur sa valise et sanglote à la frontière, en sentant tout à coup qu’on tient à sa terre natale par les entrailles, comme à sa mère. C’est Christophe qui revient furtivement en Allemagne embrasser sa vieille maman. C’est Christophe, assommé par la perte d’Olivier, qui renaît pour flamber comme une meule, dans une folie sensuelle, brève et dévastatrice...

Il faudrait tout citer. Il n’y a pas un épisode romanesque qui ne soit beau par sa qualité, sa mesure et touchant par la force du sentiment. Les personnages qui passent, candides, francs, douloureux, Gottfried, Schulz, Sabine, Antoinette, Françoise Oudon, Grazia, sont d’admirables créations, toutes pétries de nos misères et de nos aspirations éternelles. Un grand fleuve de pitié humaine déborde par tout le livre, en crue bienfaisante. Partout on sent un cœur qui palpite, qui souffre, qui aime, et qui, dans la détresse universelle, aggravée par l’état social, reprend la parole millénaire des sauveurs d’hommes: «S’aimer les uns les autres.»

--«Nous sommes faibles: aidons-nous. Ne disons pas à celui qui est tombé: «Je ne te connais plus.» Mais: «Courage ami. Nous sortirons de là.»

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