‹ Dictionnaire du patois du pays de BrayChapitre 3 sur 5 · I

I

I, s'emploie dans différentes interrogations. Ex.: Sont-i partis? Ch'est-i vous? pour: Sont-ils partis? Est-ce vous?

I, il, ils; devant une consonne. P.

IARD, liard. P.

IAU, eau. P.

ICHITE, ici; du latin hic. Sur les pierres tumulaires du XIIIe siècle, on trouve ichi.

IDÉE (une, une petite), extrêmement peu. H.-N.

ILA, ici, là; du latin illàc.

ILO, là. P.

IMPOSER (en), employé pour imposer, commander le respect. En imposer, signifie tromper.

IMPOSSIBLE (en avoir l'), avoir en grande quantité. H.-N.

IMPUNANTER, remplir. Ex.: Ce champ est impunanté d'ivraie.

INCAMO, intelligence.

INDUQUER, élever; instruire. P.

INNE, une.

INFIQUER, ficher en terre. P.

INNOCENT, jeune enfant; idiot. P. H.-N.

INN' TOUT, non plus; pas davantage. H.-N.

INSTANT (de), à l'instant. H.-N.

INTERLOQUE, stupéfait, surpris. P.

INTIAU, linteau de cheminée.

INTRER, entrer. P.

INVECTIVER UNE PERSONNE, invectiver contre.

IOU? où?

IRRASATIABLE, insatiable.

ISQUE, prononciation de la lettre X. H.-N.

ITOU, aussi. Suivant une remarque de M. l'abbé Corblet, ce mot, qui semble venir du latin ita, etiam, dériverait du vieux français et tout, qui signifiait avec. P.

J

J', nous. Ex.: J'avons dîné, j'allons partir.

JACQ, Jacques. H.-N.

JAQUET, Jacques; en parlant d'un enfant.

JAMBETTE, Voy. Gambettes.

JAPE, babil, caquet. B.-N. P.

JAPER, babiller sans réflexion; aboyer. P. B.-N.

JAQUETTE, jupe de petit enfant. P.

JAUNET, pièce de 20 francs. P.

JAUNET, un peu jaune. Ce nom est aussi employé substantivement pour désigner diverses espèces de renoncules.

JEAN-CLAIR, poire à manger; tardive.

JEAN-FOUTRE, mauvais drôle, homme peu stable.

JEANNETON, Jeanne.

JEANNETTE, Jeanne; en partent d'une jeune fille.

JEANNOT, Jean.

JEAN-QUIN, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers 1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant par Bettencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, surnommé la Queue-Blanche; il se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie et un peu de sucre; il mêla le tout ensemble, et, comme on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit: Appelez-le comme moi, Jean-Quin. A partir de là, le Jean-Quin devint en renom, et aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le Jean-Quin ne se vendant que dix centimes; mais nous pensons qu'ils se dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de goutte, petit-verre, rincette, rinçurette, coup-d'adieu, coup-de-bout, coup-de-cachoir, coup-d'à-cheval, coup-d'étrier, etc.

JEUNESSE (une), une jeune fille. P.

JIFE, JIFFLE, soufflet.

JIFFLER, donner des jiffles.

JIGUER, ruer; en parlant des chevaux et des vaches. S'emploie aussi dans le sens de jougler.

JIONS, joncs.

JOLI (bois), lauréole.

JOLIMENT, beaucoup, très. Ex.: Il est joliment laid. P.

JOMARINS, ajoncs marins.

JOUGLER, se dit d'un cheval reposé qui gambade et folâtre.

JOUIR DE, être maître. Ex.: Je ne puis jouir de cet enfant. On dit aussi, en parlant des personnes maladives: Jouir d'une mauvaise santé. H.-N.

JOUJOU, se dit d'une personne qui se joue comme un enfant. Ex.: Vous n'êtes qu'un joujou.

JOUJOUTE (faire), se jouer.

JOUQUER, jucher.

JOUR-FAILLI (à), au soir.

JOURNAL, mesure agraire contenant à peu près ce qu'un charretier peut labourer en un jour; environ une demi-acre.

JOURNALIER, variable d'un jour a l'autre. Ex.: Il est journalier pour son adresse au travail. H.-N.

JUDAS (bran de), taches furfuracées qui paraissent, surtout au printemps, sur le visage de certaines personnes.

JUSSE, juste. Ex.: C'est jusse. On dit aussi comme de jusse, c'est-à-dire comme il est juste. P.

JUTER, rendre du jus. B.-N. P. On se sert aussi de ce verbe comme synonyme de pleurer.

J'VA, cheval; au pluriel j'vas ou j'vaux.

K

KAFIGNONS, corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc.

KAINE, chaîne.

KALIPÈTE, sorte de bonnet qui couvre les oreilles et une partie des joues, dont les femmes se coiffent pour la nuit et qu'elles conservent le matin. M. A. de Poilly fait venir ce mot du verbe klùptô, qui désigne un ajustement de ce genre.

KARAS, berger.

KARUE, charrue.

KERDER, carder.

KERMINNE, charogne. P.

KÉROIX, croix.

KEVRON, chevron. P.

KIEF, pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue. Au moyen-âge, on disait cep.

KIEN, chien. P.

KIGNE-EN-COIN (de), d'un coin à l'autre.

K'MINAYE, cheminée.

K'MINSE, chemise.

K'VA, cheval.

K'VILLE, cheville. Cette expression nous paraît offrir une de ces bizarreries qu'on rencontre dans la prononciation de certains mots de la langue française. Pourquoi mouille-t-on ll dans cheville, tandis qu'on ne le fait pas dans ville? C'est par suite de cette irrégularité qu'un enfant, qui récitait naguère une leçon de grammaire latine, disait: Hostis urbem diripuit, l'ennemi PILA (pilla) la ville.

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