‹ Dictionnaire érotique Latin-FrançaisChapitre 1 sur 5 · C

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CADERE CREBRO. _Plaut._ Tomber souvent sur les bras d'une aimable ennemie[62].

[62] C'est un plaisir qu'on n'a pas toujours le pouvoir de se procurer et qui n'en est que plus piquant lorsqu'on l'éprouve.

CADURCA, _orum_, n. Les bords de la fontaine d'amour; les lèvres de la bouche amoureuse; ce qu'on appelle, aux vieilles, les babines.

CADURCUM, _i_, n. Le cabinet de Vénus, la loge amoureuse[63].

[63] La chambrette des délices.

CAPULUS, _i_, m. _Priap._ Le manche amoureux; la poignée d'amour.

CARUNCULA, _ae_, f. Carnosité; excroissance de chair; chair glanduleuse et spongieuse; caroncule, dont quatre forment une barricade au devant du chemin couvert de la forteresse d'amour. Palissade sur laquelle niche quelquefois cet oiseau rare qu'on appelle aux Indes oiseau de Paradis, et en France pucelage.

CASALBADIUM, _ii_, n. _Petr._ Fille de commodité, fille de joie.

CASALVIUM, _ii_, n. Lieu, à Athènes, où l'on pouvait se fournir de filles commodes.

CASAURA, _ae_, f. Fille commode.

CASAURIUM, _ii_, n. Bordel, lieu de plaisir.

CASTRA CUPIDINIS. _Ovid._ Le camp de l'amour; le poste amoureux.

(N) CASTRO, _as, are_. Ôter le sexe à un homme; le rendre neutre, inhabile à la génération; le priver de ce qui attire les dames, de ce lien qui joint un sexe à l'autre et des deux n'en fait qu'un. _Eunucho committere juvenem_ exprime la même chose que _castrare_.

CATADACTYLIUM, _ii_, n. La bague puérile, que courent certaines gens d'un goût extraordinaire.

(N) CATAMITUS, _i_, m. Favori de Jupiter, Ganymède; jeune garçon substituant les filles. Notre mot Français _chattemite_, que l'on interprète par ceux-ci: _patelin_, _rusé_, _hypocrite_, n'aurait-il pas aussi quelque analogie avec celui-ci? Voy. CONCUBINUS, PULLUS.

CATAPYGOS, _i_, m. Qui recherche la Vénus antistrophe. Ou: le doigt du milieu auquel on met quelquefois une bague, mais qui n'en porte jamais[64].

[64] Des religieux Asiatiques, par esprit de pénitence, se mettent au gland un anneau assez lourd pour empêcher l'effet des désirs charnels.

CATAPYGOSINE, _es_, f. L'amour de Vénus antistrophe, l'exercice de l'art subtil; la passion à laquelle les auteurs orientaux disent que la femme de Loth s'était soumise.

(N) CATIA MATRONA. Femme qui s'habille à la manière des courtisanes, qui savent faire valoir tous leurs avantages corporels; femme leste, élégante.

CAUDA, _ae_, f. _Hor._ Ce qu'on appelle la queue dans les animaux qui n'en ont point.

CAULIS, _is_, m. CAULOS, _i_, m. La tige du genre animal.

(N) CELLA, _ae_, f. La cellule des prêtresses de Vénus; la petite alcôve où elles se retirent pour sacrifier à l'amour dans un lieu de prostitution.

CERCOLIPA, _ae_, m. _Catull._ Voy. PENIS.

(N) CEVEO, _es, cevi, cevere_. _Juv._ Il a la même acception que le mot _crissare, crisso_, cité plus bas. Cependant le verbe _cevere_ désigne plus spécialement le mouvement des hommes pendant le plaisir à la Grecque: _Ego te ceventem, Sexte, verebor._ _Juvenalis._

CHALAMYDES, _dum_, f. Celles qui, par humilité, veulent bien prendre sur elles le fardeau du genre humain.

(N) CHALCIDISSO, _as, are_. Mot tiré du Grec, qui exprime un genre de fantaisie érotique qui consiste à se faire lécher ou sucer les parties naturelles par des enfants. Les anciens habitants de la Chalcide chérissaient cette singulière volupté.

CHELIDON, _onis_, f. La caverne de Vénus; le gouffre où se précipitent la plupart des hommes.

CHIA, _ae_, f. _Mart._ (_Subaud._ FICUS). La figue que les Ganymèdes donnent à entamer, que Martial dit être d'un goût piquant et qui excite: au lieu que, dans les femmes, il dit qu'elle est fade et insipide, et la nomme _marisca_, et prétend que c'est un second c...

CHOEROS, _i_, m. La bauge où se vautrent les hommes les plus propres; le bourbier où presque tous les hommes se plongent.

CHRYSION, _ii_, n. Le Priape enfantin, une courte, une guigi, une margot.

(N) CICINNIA, _ae_, f. La patronne des mignons ou Ganymèdes.

CIDARIUS, _ii_, m. Pédéraste; qui aime les jeunes garçons.

CILLO, _onis_, m. _Sext. Pomp. Ict._ Qui se laisse assujettir à l'ouvrage dont les femmes sont jalouses; qui usurpe l'emploi des femmes dans la République d'Amour; qui souffre les caresses qui ne sont dues qu'aux femmes[65].

[65] Et mérite par conséquent leur juste indignation.

CINAEDIA, _ae_, f. CINAEDIUM, _ii_, n. La patience à se laisser métamorphoser en femme.

CINAEDOLOGUS, _i_, m. Qui s'entretient de ce que les Italiens appellent l'art subtil; qui parle de l'amour déréglé pour les jeunes garçons.

CINAEDOLOGI, _orum_, m. Vers qui traitent de l'art subtil des Italiens.

CINAEDUS, _i_, m. _Catull._ Jeune garçon qui se livre à toutes les caresses que l'on veut lui faire[66].

[66] Octave, qui depuis fut appelé Auguste, passe pour avoir joué ce rôle auprès de César, qui, par reconnaissance, l'adopta. Les Romains, avant que d'être abrutis par l'esclavage, lui firent un jour sentir qu'ils savaient bien qu'il devait le trône à cette complaisance, et applaudirent devant lui à ce vers d'une comédie que l'on jouait:

_Videsne ut cinaedus orbem digito temperet?_

Ce goût paraît être celui des grands rois, et c'est peut-être pour cela que le grand Frédéric en était entiché de nos jours.

CIPUS, _i_, m. Le terrain où se plante le piquet amoureux.

CISTUS, _i_, m. _Plin._ La corbeille féminine; le panier où l'Amour met ses oeufs[67].

[67] Heureux qui les casse!

CLAVUS CUPIDINIS. _Plaut._ Le clou de Cupidon, qui entre par la tête[68].

[68] Le passe-partout du jardin de Cypris.

(N) CLAZOMENAE, _arum_, f. Les fesses: la partie chérie des hérétiques en amour. Comme les habitants de la ville Grecque nommée Clazomène étaient fort amateurs en ce genre, le nom de la ville est resté à l'objet de leur amour. C'est comme nous appliquons le nom de _Normand_ à quelqu'un que nous jugeons fin et cauteleux.

CLINOPALE, _es_. _Suet._ L'exercice de la couchette; les tours de lit; la lutte amoureuse sur un lit, de peur de se blesser en tombant[69].

[69] Les gens à tempérament regardent cet exercice comme aussi nécessaire que celui de boire et de manger; et souvent ils ne considèrent les femmes que comme un meuble de ménage. Cette idée n'est point galante: en conséquence, il faut que les femmes fassent payer à ces gens-là leur utilité.

CLITORIAZO, _is, ire_. Clitoriser, se chatouiller le clitoris avec le bout du doigt pour se faire rire; ou faire cette action sur une personne dans la même intention. Badiner à l'endroit sensible; se jouer à la partie chatouilleuse; folâtrer du bout du doigt avec le loquet du cabinet d'amour[70].

[70] Gratter à la porte du palais d'amour.

CLITORIS, _is_, f. CLITORIUM, _ii_, n. Le clitoris, petit corps très sensible au haut de la partie naturelle de la femme; il a la figure du membre de l'homme. Le loquet du cabinet d'amour; le Priape féminin.

(N) CLIVUS, _i_, m. La double colline qui se trouve au bas du dos. Voy. CLUNES.

(N) CLUNES, _ium_, f. _Clunes agitare, movere._ _Priap._ S'agiter, se remuer pendant le plaisir amoureux; faire sauter son homme. Ce qui suit s'applique aux non-conformistes comme aux femmes: _clunibus fluctuare crispatis_.

COA, _ae_, f. Femme qui boit bien, et qui ne refuse pas d'autres plaisirs[71].

[71] _Venus Coa_: femme débauchée, libertine à table. _In triclinio Coa, in cubiculo Nola._

COEO, _is, ivi, itum, ire_. _Ovid._ Se choquer amoureusement; unir les corps comme les coeurs; s'exercer au combat amoureux; faire l'action; faire en compagnie le voyage amoureux.

(N) COETUS, _us_, m. L'union charnelle des corps, légitime lorsque des contrats l'ont sanctionnée; illégitime quand elle tient à la convention du moment ou à la volonté passagère de deux individus. _Coitus_ et _concubitus_ lui sont synonymes.

COIRE FURTIM. _Ovid._ Dérober la connaissance d'un duel amoureux; prendre à la dérobée le plaisir, qui est plus doux quand on le dérobe[72].

[72] Si toutefois on dérobe un plaisir consenti par les deux personnes intéressées à ce plaisir.

COGNOSCO, _is, ovi, itum, ere_. _Ovid._ Connaître de la manière la plus intime et la plus sensible, et par celui de tous les sens qui fait le plus de plaisir[73].

[73] Connaître est alors synonyme avec posséder et jouir.

COGNOSCERE AMORES SUOS. _Ovid._ Jouir de ses amours; connaître actuellement quel est le plaisir qu'on peut tirer de ce qu'on aime.

COLEATUS, _a, um_. _Pomp. Ict._ Qui a des témoins pour prouver son droit en amour.

COLEATA CUSPIS. _Pomp. Ict._ L'aiguille de l'horloge d'amour et ses contrepoids; le dard, ou la flèche de Cupidon garnie de ses pennes.

COLEPHIUM, _ii_, n. Pain qui avait la figure de ce que, par excellence, l'on appelle le membre[74].

[74] _Coliphia_: c'était le pain dont se nourrissaient les athlètes. On croit qu'il était de même sorte que la béquille du Père Barnaba, et qu'on y glissait de la racine de satyrion pour augmenter les forces dans la lutte amoureuse.

COLES, _is_, m. _Cels._ La pique du dieu qui gardait les jardins; le dard de Cupidon, la flèche de l'Amour[75].

[75] La clef de toutes les serrures féminines.

COLEUS, _i_, m. _Cic._ Témoin en justice amoureuse; ce qui rend témoignage de la virilité; témoin de la validité d'un mariage.

COLUMBOR, _ari_, dép. _Sen._ Baiser à la pigeonne; pigeonner; donner et recevoir des coups de langue qui n'offensent point[76].

[76] Ou, par périphrase, _humida dare oscula pugnantibus linguis_. _Tibull._ S'embrasser de tout coeur.

COLUMNA, _ae_, f. La colonne de l'architecture humaine.

COMMITTERE OSCULA LINGUAE. _Ovid._ Commettre à la langue le soin de l'assaisonnement des baisers; faire servir la langue à rendre les baisers plus délicieux.

COMPRESSA VIRGO. _Ter._ Fille qui a été vivement embrassée; fille qui a souffert les plus tendres et les plus sensibles embrassements[77].

[77] _Comprimere patronam_, mettre une femme en presse.

COMPRESSUS, _us_. _Ter._ L'accolade de Cupidon; une embrassade tendre, vive et très sensible; le plus vif de tous les embrassements[78].

[78] L'étreinte la plus douce, le moment où deux corps ne font qu'un.

EX COMPRESSU EJUS GRAVIDA FACTA EST. _Ter._ Cette fille est grosse de son fait; il a engrossé cette fille.

CONCHA, _ae_, f. _Plaut._ La coquille de Vénus.

CONCILIATRIX, _icis_, f. _Cic._ Conciliatrice; celle qui s'insinue dans les bonnes grâces, qui gagne les coeurs, ou pour soi-même, ou pour d'autres.

CONCILIATRIX ANCILLA. _Plaut._ Une suivante qui ménage les intrigues de sa maîtresse; une fille qui entre dans le commerce amoureux de sa dame; une confidente des galanteries de sa maîtresse; l'intendante des plaisirs de sa dame[79].

[79] Duègne qui trahit son maître pour contenter sa maîtresse, et _vice versa_.

CONCILIUM GENITALE. _Lucr._ Conseil où l'on agite si l'on mettra un homme au monde; assemblée où l'on traite plaisamment de la génération de l'homme; accord mutuel de la nature; correspondance des natures.

CONCIPERE EX ALIQUO. _Cic._ Concevoir du fait de quelqu'un; être grosse des oeuvres d'une personne; s'être imprimé fortement les plus vives et les plus sensibles expressions d'amour de quelqu'un.

CONCUBINA, _ae_, f. _Cic._ Concubine; maîtresse; femme d'un homme qui n'est pas marié; celle à qui un homme ne s'est pas engagé pour toujours[80].

[80] Synonymes: _concuba, concubia, succuba, pellex_.

CONCUBINATUS, _us_. _Plaut._ Concubinage; habitude de plaisir amoureux avec une personne[81].

[81] Qui n'est point sa femme par contrat notarié.

CONCUBINUS, _i_, m. _Catull._ Qui a une maîtresse; qui est en habitude amoureuse avec une fille; qui a une concubine. Ou (_Quintil._): qui a une patience féminine en amour; catamite[82].

[82] Ganymède. Voy. CATAMITUS, PULLUS.

CONCUBITOR, _oris_, m. Qui couche avec un autre de quelque sexe que ce soit, ou par compagnie, ou dans la vue du plaisir.

CONCUBITUS, _us_, m. _Ovid._ Les caresses du lit; la tâche des amants; le devoir amoureux; l'ouvrage d'amour[83].

[83] _Concubitus quaerere_: désirer, rechercher le plaisir amoureux.

CONCUBITUM PETERE, PATI. _Ovid._ Rechercher, souffrir les caresses du lit.

(N) CONCUBO, _as, are_, CONCUMBO, _is, ubui, ubitum, umbere_. Coucher avec quelqu'un, homme ou femme: ce mot n'est obscène qu'autant que, de l'action très innocente de coucher deux, il résulte un plaisir qui n'est pas innocent.

CONFICERE VIRGINEM. _Ter._ Abattre la fermeté d'une fille; avoir les gants d'une belle; humilier une pucelle[84].

[84] Forcer la garde du palais d'Amour.

CONFUTUO, _is, ere_. _Catull._ Faire de compagnie ce qu'on appelle f...... Ou: pondre au même nid qu'un autre[85].

[85] Posséder à deux les faveurs d'une belle.

CONGENUO, _as, are_. _Varr._ Serrer les genoux pour être plus ferme en lice.

(N) CONGRESSUS, _us_, m. Combat de deux personnes sur un lit ou sur un canapé. _Congressio_ exprime la même chose.

CONISALUS, _i_, m. Les armes de Priape.

CONJUGIUM, _ii_, n. _Virg._ L'action du mariage, le devoir conjugal.

CONJUGIO ALTERIUS POTIRI. _Virg._ Faire un cocu; jouir de la femme d'un autre; planter des cornes à quelqu'un.

CONNATATIO, _onis_, f. V. CONNATIO.

CONNATILIS, m. f. _le_, n. _is_, g. Qui travaille au même atelier amoureux; qui entre de part dans une intrigue amoureuse; qui nage en amour dans la même eau; qui fait société avec un autre pour un commerce d'amour; qui vogue en amour sur la même mer.

CONNATIO, _onis_, f. _Plaut._ Course dans la même lice amoureuse; société en amour; jouissance par indivis; travail au même atelier amoureux; intrigue amoureuse partagée de concert. Ou, autrement: partage des faveurs d'une belle avec quelqu'un.

CONNATO, _as, are_. _Plaut._ Partager un coeur avec un autre; être rival heureux d'un amant bien traité; cultiver amoureusement avec quelqu'un le même champ; travailler au même atelier d'amour, n'être pas seul qui ait part aux faveurs d'une belle; goûter les douceurs d'amour au même endroit qu'un autre; aimer sans jalousie en même lieu; être en société d'amour avec quelqu'un; avoir un compagnon de jouissance.

CONQUINIO, _is, ire_, CONQUINISCO, _is, ere_. _Plaut._ Offrir le présent de Ganymède. Ou: baisser la tête et plier le corps, pour donner belle à l'enfilade.

(N) CONSTUPRO, _as, are_. Violer, faire violence à la pudeur; vouloir donner par force du plaisir à des femmes qui n'en veulent pas avoir.

CONSUESCERE ALICUI. _Ter._ ALIQUO ou & CUM ALIQUO. _Plaut._ Être l'un avec l'autre dans la dernière privauté; avoir l'un pour l'autre une amoureuse complaisance; se donner ensemble de telles libertés, qu'on ne puisse se refuser rien; être familier au dernier point avec une personne[86].

[86] Être bien d'accord ensemble.

CONSUESCERE CUM MULIERE. _Cic._ Être en intrigue avec une belle; avoir commerce ou des liaisons secrètes avec une personne; avoir une habitude; avoir une inclination; avoir une maîtresse; faire galanterie avec une belle.

CONSUETIO, _onis_, f. _Plaut._ Commerce amoureux, galanterie; habitude galante; intrigue; liaison d'amour.

(N) CONTUBERNIUM, _ii_, n. Cohabitation qui dégénère quelquefois en colibertinage, et tellement que ce mot, dans Suétone, veut dire _concubitus_. _Vesticontubernium_ exprime la même chose.

(N) CONTUS PEDALIS _vel_ SESQUIPEDALIS. La perche d'amour. Ce mot est bien expliqué à l'article MENTULA.

CONVENIO, _is, ire_. _Plin._ S'accorder dans le point qui fait la liaison la plus étroite des deux sexes; ne faire qu'un tout amoureux de deux moitiés séparées; en venir aux prises sous les étendards de l'Amour; livrer le combat amoureux; s'assembler amoureusement.

COPA, _ae_, f. _Virg._ Fille de plaisir; fille de joie; fille de commodité; courtisane; fille commode.

(N) COPULO, _as, are_. Se joindre deux à deux, corps à corps: s'unir étroitement; jouir amoureusement.

COROLLARIUM PUERILE. _Apul._ La bague que courent certains amoureux dévoyés du chemin naturel; le soleil rouge-brun de Vénus antistrophe.

CORONA, _ae_, f. La tête du dieu Priape.

(N) COTYTTIA, _orum_, n. Les mystères de la déesse Cotytto, ou de l'impudicité. Cette déesse n'était ci-devant qu'une danseuse, dont l'extrême lubricité mérita des autels; ses prêtres s'appelaient _Baptae_; ils dansaient en contrefaisant les femmes, et probablement prenaient leur place quand ils trouvaient des amateurs. Eupolis fit une comédie intitulée _Baptae_: Alcibiade, le Socratique Alcibiade, s'y trouvant désigné, tua tout bonnement l'auteur pour l'empêcher de critiquer les moeurs de ses contemporains.

(N) COXA, _ae_, f. La cuisse touche de bien près au temple de Vénus, et celui-ci est souvent désigné chez les poètes par tout ce qui l'avoisine. _Laufella tollit pendentis praemia coxae_ (_Juven._): cela veut dire qu'elle se présente de si bonne grâce au combat amoureux, qu'elle remporte la victoire.

CRISSANS, _tis_, _omn. gen._ _Juven._ Qui remue les fesses; qui joue du croupion; qui tortille les fesses; qui remue le cul fort dru.

CRISSATURA, _ae_, f. _Lucret._ Remuement de fesses: jeu du croupion; mouvement de cul fort prompt; tortillement de fesses fort dru.

CRISSO, _as, are_. Remuer les fesses; faire des mouvements de fesses fort drus; jouer du croupion; tortiller le cul légèrement; faire des tortillements de cul fort prompts. Ce verbe est particulier aux femmes et à ceux qui en font l'office[87].

[87] On croit qu'il se prend plus particulièrement pour la posture qu'adopte la femme quand elle se met sur l'homme pour ne pas avoir le dessous; alors elle s'agite beaucoup mieux, et cela donne l'explication du _lumbi fluctuantes_ de la 18e Priapée.

(N) CROCOTULA, _ae_, f. _Movere lumbos in crocotula._ Habit léger pour les femmes, et couleur de safran, peut-être par allusion à quelques usages dans les orgies des Anciens autrement appelées fêtes nocturnes, mystères, etc. Habits de combat qui ne mettent que peu d'obstacles à la jouissance. Si l'on veut avoir des détails sur les habillements des femmes voluptueuses de l'Antiquité, il faut consulter l'_Errotika Biblion_, p. 94.

(N) CRYPTA, _ae_, f. La grotte de Vénus.

CTIR, ind. La fontaine des amoureux et le gazon qui l'environne[88].

[88] La carte des pays bas.

CUCURBITA, _ae_, f. _Plaut._ Femme galante[89].

[89] Qui se livre aisément.

CUCURBITARIUS, _ii_, m. Qui met en oeuvre la femme d'autrui, principalement celle de son seigneur de fief, ou de son maître, ou quelqu'une de leurs parentes.

CUCURBITATIO, _onis_, f. La liberté qu'on prend de semer dans le jardin secret d'autrui, etc.

CUCURBITO, _as, are_. Planter dans le jardin de plaisir d'autrui, et particulièrement de son seigneur de fief, ou de son maître; ou mettre en oeuvre quelqu'une de leurs parentes.

CULICES PATI. Se laisser Ganymédiser.

(N) CULUS, _i_, m. Visage à deux parties, autrement dit postérieur; objet du culte des hérétiques en amour. _Culus tritus_, autel trop fréquenté, où les sacrifices sont banaux. Synonymes: _pars postica, clunes_.

CUNNAGIUM, _ii_, n. Le droit du seigneur en amour; droit de coucher, la première nuit des noces, avec les femmes de ses vassaux, possédé autrefois par les comtes chanoines de Lyon[90].

[90] Tout cela est aboli, en France, avec les droits de fiefs.

CUNNATUS, _a, um_. Qui est pourvu de la partie qui fait presque tout le mérite des femmes.

CUNNILINGUS, _a, um_. _Priap._[91]. Qui lèche le plat dans lequel on sert le mets amoureux; lèche-c.., épithète des petits chiens des dames, qui, par là, deviennent souvent enragés[92].

[91] _Lingua maritus_ (_Martial._)

[92] Il y a des hommes qui leur envient ce nom. On dit que les chiens deviennent enragés à force de s'occuper de cet ouvrage: mais il faut l'être pour les imiter.

CUNNOSUS, _a, um_. Qui loge au large les pèlerins d'amour[93].

[93] Anneau trop grand pour le doigt.

CUNNULUS, _i_, m. Ce qui ne se trouve que chez les petites filles, un conin, un conichon.

CUNNUS, _i_, m.[94] _Hor._ Le conduit de l'urine féminine; le vase amoureux; le chemin couvert de l'amour; la coquille de Vénus; le pays natal du genre humain; le but où visent les amants; l'endroit, chez les femmes, qu'on dit, mais qu'on n'imprime pas; l'autel où l'on sacrifie à l'Amour; le temple de Vénus; l'objet des peines et des plaisirs des amants; le bel endroit; le carquois de Cupidon; la boutique où l'Amour fait travailler en peau; le colombier de Vénus; le point d'honneur des dames[95]; le centre des délices amoureuses; le champ de bataille d'amour; le manège des coursiers de Cupidon; la nasse où se prennent les anguilles amoureuses; la salle d'armes du dieu d'amour; la fontaine où l'on porte l'eau; le réservoir de propagation; le four qui fait lever la pâte; la cuve de la brasserie humaine; le marais d'amour où l'on enfonce jusqu'au ventre; le trébuchet amoureux; le nid de l'oiseau d'amour; le nord de l'aiguille amoureuse; le calendrier naturel; le puits d'amour; la grotte de Vénus; l'embrasure des canons de Cupidon; le mortier amoureux; le terroir où l'on plante l'herbe sensitive; le champ qu'on aime à défricher; le terrier du lapin de Vénus; l'hôtellerie des pèlerins amoureux; l'objet de la galanterie; le creux où l'on moule les hommes; le cadran qui a souvent besoin d'aiguille; la manufacture de Cupidon; le tronc où chacun s'empresse de mettre la pièce; le trône du dieu des appas; le tribunal d'amour; le clocher où Vénus fait carillonner; le fourreau propre à toutes lames; le chemin qui conduit au plaisir; le receveur des droits de la mère d'Amour; le lieu de la folâtrerie; le bureau de la confrérie de Vénus; le bassin où l'on met les offrandes amoureuses; le peloton où Vénus fiche ses épingles; le fourneau où l'on fixe le mercure d'amour; le camp où l'Amour fait planter le piquet; le plus fort des objets de la tentation; le manichordion de Vénus; le creuset où l'on met les hommes en fonte; le palais de la galanterie; la galère qu'une seule rame met en mouvement; la prairie des amours; le cabinet de Vénus; le jardin de plaisir; la lice des coursiers d'Amour; le magasin des plaisirs amoureux; la niche du dieu Priape; la foulerie d'Amour; l'abreuvoir des coursiers de Cupidon; le tire-moelle amoureux[96].

[94] EPIGRAMMA JOANNIS SECUNDI

_Dicite, grammatici, cur mascula nomina _cunnus_. Et cur foemineum _mentula_ nomen habet? Sic ego, sic aliquis senior de gente verenda Rettulit, attollens longa supercilia: Mentula foeminei gerit usque negotia sexus, Inde genus merito vindicat illa sibi; Indefessus agit res qui, sine fine, virorum, Mascula non temere nomina _cunnus_ habet._

[95] Ce que les dames appellent «leur honneur», le «coeur» du chevalier de Boufflers.

[96] La partie qui distingue spécialement le sexe féminin. Nulle femme sans c.., nul homme sans v... Synonymes Latins de ce bijou: _vagina, fossa inguinis, sulcus, arvum muliebre, genitale, hortus Cupidinis, pudendum muliebre, puta, selinon, prodigiosa Venus, meatum Veneris, feminal, virginal, radius Veneris, scrobs virginalis, barathrum foemineum, lanuvium, xanion, ulcus, rima, caverna, custon_.

_Infelix, cui torpet hebes locus ille!..._

(Ovid.)

CURRUCA, _ae_, m. Celui que nous appelons improprement _cocu_, à qui sa femme donne un substitut[97].

[97] Qui n'est pas seul possesseur de son bien.

CYANISSANS, _tis_, _omn. gen._ Qui a envie de travailler naturellement; qui veut mettre en pratique le symbole de la fève qui a encore sa peau (c'est la fève de marais, symbole qui a fait dire à Pythagore: _Abstine a fabis_, abstenez-vous des fèves)[98].

[98] Axiome rejeté par les femmes, même les plus philosophes.

(N) CYBELE, _es_. f. Cybèle, la mère des Dieux, la Bonne Déesse. Ses mystères se célébraient dans le plus grand secret, mais il paraît que la chasteté et la tempérance n'y présidèrent pas toujours, quoique les femmes eussent été dans l'origine les seules initiées. P. Clodius fut le premier qui entreprit de les violer en s'introduisant, sous l'habit d'une danseuse, dans l'appartement de Pompeia, épouse de Jules César. La chronique dit qu'il voulait abuser de cette femme. Les prêtres de cette déesse se nommaient _Galli_, et avaient été privés de cette partie qui nous rend hommes. Dans les temps de corruption, des hommes faisant fonctions de femmes imitèrent entre eux ces mystères et, comme on peut le croire, y introduisirent ce que la lubricité humaine a de plus dégoûtant.

CYDON, _onis_, m. Pédéraste, Gomorrhiste.

CYLLO, _onis_, m. _Cic._ Qui a été amplement pourvu par l'Amour en faveur des dames; personnage bien envitaillé.

(N) CYNAEDUS. Voy. CINAEDUS.

CYSONIPTES, _ae_, m. Baigneur qui a soin de tenir propre tout ce qui est plus particulièrement dédié à l'amour.

CYSOS, _i_, m. L'écrin du bijou d'amour; la gaine du poignard de Cupidon.

CYSTHOS, _i_, m. V. CYSOS. Ou: les fesses. Ou: le trou du cul.

D

(N) DECURRERE SPATIUM AMORIS. Faire la course au jardin d'amour; courir la bague; jouir amoureusement.

(N) DEGLUTIO, _is, ire_. Prendre à la bouche la flûte de Cupidon; la recevoir, la presser avec les lèvres:

_Deglutit, fellat, molitur per utramque cavernam._

(_Auson._)

DEJICERE CAPUT. Baisser la tête en courbant les reins pour offrir mieux la bague; présenter le cul en haut[99].

[99] Voyez la différence entre _dejicere caput_ et _demittere caput_, au mot DEMITTERE.

DELPHYS, _yos_, f. La coquille du limaçon d'amour. Ou: la matrice.

DELTA, ind. Le triangle de la géométrie d'amour; l'entrée du jardin de Vénus; l'ouverture de l'antre des Nymphes.

DEMITTERE CAPUT. Faire près d'une femme l'office de petit chien; lécher la baratte où l'on bat le beurre en amour[100].

[100] Voy. VORARE TENTA.

(N) DEPRENSUS, DEPRENSA. Pris sur le fait: _Nihil est audacius, illis deprensis (adde mulieribus.)_ _Juven._

_Quantum deprensi damna pudoris ement._

(_Auson._)

DEPSO, _is, psui, psitum, ere_. _Cic._ Pétrir le levain amoureux; battre le beurre d'amour.

DESTUPRATRIX, _icis_, f. _Mart._ Une tribade.

(N) DIFFUTUTUS, _a, um_. Épuisé par trop de jouissance. Voy. EXFUTUTUS. _Virgo diffututa_, fille commode, qui se laisse caresser par tout le monde.

(N) DIGITUS IMPUDICUS, INFAMIS. C'est le substitut d'un très joli instrument dont les dames aiment à jouer. Les Anciens paraissent avoir employé ce doigt à plusieurs usages: tantôt à procurer du plaisir aux femmes, tantôt à montrer aux hommes le désir d'une jouissance contre nature.

DINDYMUS, _i_, m. Le trou de la verge de l'homme.

(N) DIOBOLARES, _ium_, f. Courtisanes pour le bas peuple; raccrocheuses; salopes à deux sols; paillasses de corps-de-garde.

(N) DISSAVIOR _vel_ DISSUAVIOR, _aris, ari_. Embrasser avec ardeur, avec vivacité.

DIVIDERE CUM ALIQUA. _Petr._ Partager avec une belle les plaisirs de l'amour; diviser le terrain amoureux.

DIVISOR, _oris_, m. _Cic._ Corrupteur de jeunes garçons.

DIVOLTRES, _ium_, f. Garces à canailles; donneuses de bonsoir[101].

[101] Coureuses de nuit; chauves-souris.

DO, _as, are_. _Dare solet._ _Mart._ Elle a coutume de s'en faire donner[102].

[102] _Dare._ Ce verbe se prête à beaucoup d'obscénités; c'est un de ces mots commodes dans les langues, que l'on prend en bonne ou mauvaise part selon l'intention louable ou maligne de l'écrivain. Donner, prêter, accorder, consentir, voilà ses acceptions dans le langage amoureux.

DARE OPERAM LIBERIS. _Cic._ S'étudier à faire des enfants; s'appliquer à se faire des successeurs; s'employer à perpétuer sa race; travailler à sa postérité.

DORILLUS, _i_, m. Le jardin de Nature; le champ de Vénus; le clapier d'amour.

DRAUCUS, _i_, m. _Mart._ Pédéraste.

DRILOPOTA, _ae_, m. Celui qui boit dans un vase qui représente le laboureur de la Nature[103].

[103] _Vitreo bibit ille Priapo_ (_Juven._).

DUCO, _is, xi, ctum, cere_. _Plaut._ Trouver une femme, ou un mari, dans sa main[104].

[104] Faire jouer le prépuce sur le gland.

DUCTO, _as, are_. _Ter._ Conduire au plaisir.

DUCTARE AMICAM. _Plaut._ Conduire du bout du doigt sa maîtresse au plaisir.

E

EMASCULATOR, _oris_, m. _Apul._ Pédéraste. Ou: qui effémine, qui rend efféminé[105].

[105] Bourreau des facultés viriles; destructeur d'hommes.

(N) EFFEMINO, _vel_ EFFOEMINO, _as, are_. Être sans force et sans courage. Ce verbe a des rapports, au figuré, avec _ementulare_. _Effeminatus culus._ _Priap._ Bijou Grec sans ressort, ou dont le ressort est usé par le service.

(N) ELECEBRAE, _arum_, f. Courtisanes, filles de joie.

(N) ELEPHANTIS, _idis_. _Priap._ Jeune fille Grecque auteur d'ouvrages galants dans le genre de ceux de l'Arétin, des _Élégances Latines_ du faux Meursius, du _Portier des Chartreux_, et de tous les livres lubriques à l'usage des modernes. Philænis et Cyrène, autres jeunes filles Grecques, passent pour avoir composé de pareilles tablettes où étaient peintes les postures libidineuses et leur explication. Elles étaient autrefois, comme à présent, les leçons préparatoires pour la jeunesse de l'un et l'autre sexe que les personnes d'un âge mûr ne prenaient pas la peine d'instruire. De jeunes filles innocentes venaient offrir en don ces tablettes au dieu Priape, pour lui demander la réalité des peintures. On doit croire qu'elles traitaient fort mal leur protecteur, lorsque le voeu n'était pas exaucé; Sotade, poète de Mantinée, a composé un ouvrage intitulé _Cinaedica_; c'est Suidas qui nous l'apprend. L'empereur Tibère avait orné les murs de sa chambre à coucher, à Caprée, de ces peintures lubriques, et cette mode a été adoptée par quelques vieux et invétérés libertins de son siècle et des suivants.

EMASCULATUS, _a, um_. Bardache, Ganymède, catamite. Ou: châtré; ou: rendu efféminé.

EMASCULO, _as, are_. _Apul._ Châtrer. Ou: efféminer, rendre efféminé. Ou: métamorphoser un mâle en femelle; se servir d'un mâle aux usages féminins.

EMBOLUM, _i_, n. Ce qui est cause que l'écusson des filles est fait en losange; le losange de la géométrie d'amour; l'entrée du palais de Vénus.

EMENTULO, _as, are_. Priver du sceptre amoureux[106].

[106] Retrancher la partie spécifique du sexe masculin.

ENTESYPATHIA, _ae_, f. Ce qui se passe dans celui qui se laisse Ganymédiser; ce que souffre un successeur de Ganymède.

EPISIUM, _ii_, n. Ce qu'on recherche dans le sexe féminin, quoiqu'on lui donne le nom de partie honteuse.

(N) EQUITO, _as, are_. Faire la cavalcade; se frotter mutuellement l'endroit sensible en remuant l'un sur l'autre; tribader:

_Inque vices equitant, ac luna teste moventur._

(_Juven._)

EQUUS HECTOREUS. _Mart._ La posture favorite du sexe; le cheval d'Hector; l'amoureuse situation qu'Andromaque exigeait de la complaisance d'Hector[107].

[107] Et dont toutes les femmes font usage dans le déduit.

EREBINTHINUS, _a, um_. Qui concerne le bélier d'amour.

EREBINTHUS, _i_, m. Bélier de Cupidon; la machine avec laquelle l'Amour force les remparts amoureux.

EROMENE, _es_, f. Maîtresse; inclination; bonne amie.

EROMENUS, _i_, m. Mignon; favori; Ganymède.

EROTIUM, _ii_, n. _Plaut._ Une petite maîtresse; un petit amour; une jeune mignonne[108].

[108] Sunamite.

(N) ERUCA, _ae_, f. _Herba salax_; c'est une herbe qui excite à l'amour. Les personnes d'un tempérament paresseux en font usage. C'est, selon Tournefort, la _roquette_. Les oignons et le satyrion, les artichauts, font, à ce qu'on dit, le même effet; mais malheur à ceux qui en font trop usage, car il est pernicieux.

ESCHARA, ESCHARIA, _ae_, f. Les lèvres de la bouche d'en bas[109].

[109] V. ci-dessous EXSORBERE VIROS.

EUGIUM, _ii_, n. _Laber. et Lucil._ Le clitoris. Ou: la membrane Hymen. Ou: voy. CUNNUS.

(N) EUNUCHUS, _i_, m. Triste sujet, homme nul, impropre au plaisir des dames et, par conséquent, l'objet de leur antipathie. En Asie, ils sont les gardiens de la vertu des belles; mais celui qui porte la clef de leur trésor est toujours sûr de s'en rendre maître, malgré ces odieux Argus. En France, et surtout en Italie, ils sont fort utiles aux prélats, soit pour la musique de la cathédrale, soit pour un usage moins canonique.

Il y a cependant des eunuques à qui il reste l'image de la virilité, et qui n'en ont perdu que les témoins: ceux-ci sont encore utiles au beau sexe, qui s'en amuse sans danger pour la grossesse. Martial a dit:

_Cur tantum eunuchos habeat tua Gellia quaeris, Pannice? Vult futui Gellia, non parere._

EXERCINATES, _is_, _omn. gen._ Qui sait remuer les fesses; savant en l'exercice des fesses; dressé au manège des fesses; qui sait jouer du croupion.

EXFORNICOR, _ari_. Pécher contre nature.

EXFUTIO, _is, ui, utum, ire_. Énerver; effouter[110].

[110] Rendre nul, impuissant.

EXFUTUTOR, _oris_, m. EXFUTUTRIX, _icis_, f. Qui énerve; qui effoute.

EXFUTUTUS, _a, um_. _Catull._ Énervé; effouté[111].

[111] _Latera exfututa_: flancs mis à sec par trop de jouissance.

EXIMEQUI, _orum_. m. Pourvoyeurs d'amour.

(N) EXOLETUS, _a, um_. Usé, anéanti par les débauches.

EXONIROTTICUS, _a, um_. A qui les pollutions nocturnes sont fréquentes; qui répand d'ordinaire sa semence pendant la nuit.

EXONIROGMUS, _i_, m. Écoulement de semence involontaire pendant le sommeil.

(N) EXPATRO, _as, are_. Faire la douce affaire. V. PATRO.

EXPERTA PUELLA VIRUM. _Hor._ Fille qui sait ce que c'est qu'un homme; fille qui connaît par expérience les plaisirs qu'un homme peut lui procurer; fille qui s'est fait essayer; fille qui a combattu en champ clos; fille qui s'est éprouvée avec un homme.

EXPROCOR, _ari_. Demander la courtoisie. Ou: obtenir la dernière faveur.

EXPUGNATOR PUDICITIAE. _Cic._ Un galant dangereux; un crocheteur de pucelages; un forceur de remparts amoureux[112].

[112] Un dénicheur de vertu.

EXPUGNARE PUDICITIAM PUELLAE. _Cic._ Forcer un jeune coeur à se rendre à ses désirs galants; tirer les premières faveurs d'une jeune fille; venir à bout d'une jeune personne; avoir les gants d'une belle; obliger un jeune enfant à céder à ses galanteries; crocheter un pucelage; cueillir les premiers fruits de l'amour.

(N) EXSORBERE VIROS. Avaler des hommes (par métaphore.) C'est assez pour les dames d'avaler la partie qui leur plaît davantage, et cela par la voie ordinaire; car l'idée de l'extraordinaire fait vomir.

F

(N) FACILIS VIRIS. Complaisant avec les hommes; ne sachant pas les refuser, quand même il s'agirait d'offenser la nature.

FACIO, _is, ere_. _Plaut._ Faire ce qu'on appelle _faire_[113].

[113] Par excellence. C'est agir d'une manière agréable.

FACTURIO, _is, ivi, itum, ire_. _Plaut._ Avoir envie de le faire; souhaiter de travailler d'après nature[114].

[114] Désirer ardemment le déduit.

FASCINOSUS, _a, um_. _Priap._ Bien fourni du charme viril; amplement pourvu de ce qui charme les belles; qui a un grand persuasif en amour.

FASCINUM, _i_, n. _Hor._ Le membre par excellence; le charme viril; le laboureur naturel[115].

[115] L'instrument de la propagation humaine.

FASCINUS, _i_, m. _Petr._ Petite figure du laboureur naturel qu'on pendait au cou des enfants pour les préserver des charmes; le contre-charme de Priape[116].

[116] Les Vestales sacrifiaient au culte du dieu _Fascinus_, et peut-être s'en servaient-elles comme de correctif au voeu de virginité qui leur interdisait tout commerce charnel avec les hommes. Pauvre consolation, mais bien connue des Religieuses qu'on vient de rendre à la société. Que de dévotes le dieu _Fascinus_ va perdre!

FELES VIRGINALIS ou VIRGINARIA, f. _Plaut._ Celui ou celle qui dérobe des jeunes filles pour les dédier à Vénus[117].

[117] Corruptrice de jeunes filles.

FELES PULLARIA, f. _Auson._ Qui enlève des petits garçons pour en faire des Ganymèdes[118].

[118] Autre genre de corruption, mais contraire aux lois de la Nature.

FELLATOR, _oris_, m. _Mart._ Suceur; qui boit des hommes; qui suce le doigt qui est sans os.

FELLATRIX, _icis_, f. Suceuse; qui emploie la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui boit des hommes.

FELLICANDUS, _a, um_. _Solin._ Qu'on donne à sucer; qu'on donne à teter.

FELLICATIO, _onis_, f. Le sucement; l'action de teter le trayon amoureux.

FELLICO, _onis_, m. V. FELLATOR.

FELLICO, _as, are_. _Solin._ Sucer, teter.

FELLITO, _as, are_. _Solin._ Sucer souvent.

FELLO, _as, are_. _Mart._ Sucer, teter. Ou: sucer le doigt qui n'a point d'os; teter ce qui n'est pas fait pour être teté; prendre à la bouche le trayon amoureux[119].

[119] Se dit des femmes qui consentent à cette vilenie.

FEMINAL, _is_, n. L'endroit par où les femmes se distinguent[120].

[120] La partie spécifique du sexe féminin.

FEMINALIA, _um_, n. _Suet._ Haut de chausses, caleçons, et tout ce qui sert à couvrir les cuisses et les parties de la génération.

(N) FEMEN, FEMINA, n. Se prend quelquefois pour _femur_ et _femora_. On veut aussi que cela signifie le chemin de la création, ce qui ne serait pas extraordinaire, vu la proximité.

(N) FEMUR et FEMORA, n. Les cuisses, ou les grosses colonnes du temple de Cypris; ou le temple lui-même. _Femori conserere femur, committere, vel imponere_: jouir, confondre deux corps en un.

(N) FESCENNINI VERSUS. Vers obscènes qui se chantaient aux noces. Catulle, dans l'Epithalame de Julie et de Manlius, dit:

_Nec diu taceat procax Fescennina locutio._

Lorsqu'on veut dire des injures en vers, cela s'appelle _Fescennina licentia_.

(N) FIBULA, _ae_, f. Cadenas de chasteté; gaine où l'on renfermait les instruments de la génération, soit pour les cacher par pudeur, soit pour empêcher les jeunes gens d'en abuser, ou les chanteurs de perdre leur voix. Les Juifs en faisaient assez d'usage: c'est ce que Martial appelle _Judaeum pondus_.

_Fibula_ indique aussi l'anneau de sagesse dont les Anciens se bridaient le prépuce en le passant à travers des deux côtés de cette peau qui couvre le gland. On le soudait lorsqu'on voulait le conserver longtemps; mais je pense que le plus grand nombre ressemblaient aux anneaux qui servent à enchaîner plusieurs clefs. _Fibulare_, _infibulare, fibulatio, infibulatio_, dérivent de _fibula_. Quelques religieux Asiatiques ont conservé l'infibulation par esprit de pénitence. _Theca_ est synonyme de _fibula_.

FLAGITATUS, _a, um_. _Fest._ Qui s'est laissé employer aux usages amoureux; qu'on a mis en oeuvre en amour.

FLAGITO, _as, are_. _Apul._ Employer aux usages amoureux; soumettre aux désirs amoureux; mettre en oeuvre amoureusement.

FLAGITARE ANCILLAM. _Ulp._ Mettre en oeuvre sa servante; employer amoureusement sa servante.

(N) FLAGITIUM, _ii_, n. Crime que les jeunes filles pardonnent à l'amant chéri. Le viol est un attentat contre la pudeur: l'amour seul peut le faire pardonner.

FLOS, _oris_, m. _Catull._ Le pucelage.

(N) FODERE JACENTEM. Sonder quelqu'un amoureusement. V. STUPRO.

_Servus erit minus ille miser, qui foderit agrum, Quam dominum..._

(_Juven._)

FORNIX, _icis_, f. _Hor._ Maison de plaisir; bordel; lieu de prostitution; maison de débauche. Ou (_Suet._): personne prostituée de l'un ou de l'autre sexe; fille de commodité; ou: Ganymède.

FORNIX BITHYNICUS. _Suet._ Jules César, galantisé dans sa jeunesse par Nicodème, roi de Bithynie.

(N) FOSSAE INGUINIS. Périphrase. V. CUNNUS. _Fossa notissima cinaedis_ est le contraire de _cunnus_.

FRANGO, _is, ere_. Ganymédiser.

(N) FRICARE TERGA, FRICARE MEATUM VENERIS. Frotter, électriser la partie amoureuse. Le frottement produit le feu: c'est ce qui rend les femmes si endiablées, que plus on les frotte et plus elles veulent être frottées.

FRICATRIX, _icis_, f. _Mart._ Frotteuse; celle qui fait une légère friction sur quelque partie, soit pour le plaisir, soit pour la santé.

FRICTRIA, _ae_, FRICTRIX, _icis_, f. Tribade; femme qui veut contrefaire l'homme dans les fonctions d'amour[121].

[121] Mais un palliatif n'a jamais valu l'objet à remplacer.

FRUTINAL, _is_, n. _Fest._ Temple dédié à Vénus qui procure la jouissance.

FRUTIS, _is_, f. _Solin._ Surnom de Vénus qui procure la jouissance.

FULLO, _onis_, m. _Naev._ Pédérastie. Ou: pédéraste.

FULLONIUS FRUCTUS. _Plaut._ Le gland de Cupidon. _Cras mihi potandus fructus est fullonius._ _Plaut._ Je dois demain passer par les piques; il faudra demain que je prenne le gobet amoureux.

FURTIVA VENUS. _Ovid._ De furtives amours; un mariage clandestin; des larcins amoureux; une amourette cachée; des plaisirs d'amour dérobés[122].

[122] Paillardise secrète.

FURTA VENUS SUA VULT CELARI. _Ovid._ Vénus pardonne les larcins qu'on lui fait, pourvu qu'on s'en taise; la mère d'Amour impose silence sur les faveurs qu'on lui dérobe; on ne doit point parler des larcins amoureux[123].

[123] _Furta novare ignota Venere_: s'égayer, se ravigoter par une jouissance nouvelle.

FUTUITIO, _onis_, f. _Mart._ L'art de la génération; l'exercice de Vénus; le combat amoureux; l'enfilade amoureuse; l'estocade d'amour; la lutte amoureuse.

FUTUO, _is, tui, tutum, ere_. _Mart._ Exercer l'art de la génération; combattre amoureusement; faire l'exercice de Vénus; pousser une estocade amoureuse; le faire; baiser; lutter amoureusement; courir dans la lice amoureuse; empaler amoureusement; donner, et recevoir le plaisir amoureux; goûter les délices d'amour; faire la joie; enfiler amoureusement; travailler naturellement; sangler; exploiter[124].

[124] Et, selon Martial, tribader.

FUTUTIO, _onis_, f. _Catull._ V. FUTUITIO.

FUTUTOR, _oris_, m. FUTUTRIX, _icis_, f. _Mart._ Qui le fait; qui exerce l'art de la génération; qui fait l'exercice de Vénus; qui court dans la lice amoureuse; qui combat amoureusement; qui donne, et qui reçoit le plaisir amoureux; qui goûte, et fait goûter les délices d'amour; qui travaille naturellement; qui lutte amoureusement; qui baise[125].

[125] Martial appelle une tribade _fututor foemina_.

FUTUTUS, _a, um_. _Mart._ Exercé amoureusement; employé à l'exercice de Vénus; à qui on l'a fait; enfilé amoureusement; travaillé naturellement; baisé; sanglé; exploité amoureusement[126].

[126] Caressé.

G

(N) GALLUS, _i_, m. En langage ordinaire, _gallus_ est un coq; mais en style obscène, _gallus_ veut dire un chapon, un castrat, un chanteur à voix claire, un prêtre de Cybèle. _Gallo turpius est nihil Priapo._ _Mart._

(N) GANEO, _onis_, m. Libertin; pilier de mauvais lieux.

(N) GANYMEDES, _is_, m. Fils de Tros, roi des Troyens. C'était un beau garçon, et si beau, qu'il plut à Jupiter, qui tour à tour s'amusait avec les hommes et avec les femmes. Or donc, Jupiter en fit son page, son échanson, son mignon, son giton, et lui donna les grandes entrées à la Cour céleste, afin de le voir plus souvent. Depuis ce temps, beaucoup de potentats, de grands seigneurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, ont voulu avoir leur Ganymède. Cette fantaisie gagna les villes et les faubourgs dans les pays civilisés; et, ce qu'il y a de singulier, c'est que des sauvages ont eu le même goût.

GENITALE, _is_, n. _Plin._ Le laboureur de nature; le coutre de la charrue d'amour; l'instrument de la génération; l'outil de Cupidon[127].

[127] _Genitalia_ se dit pour les parties de la génération.

GENITALE ARVUM. _Ovid._ V. ARVUM GENITALE.

(N) GESTIO, _is, ire_. Exprimer ses désirs par des mouvements involontaires, quoique très naturels.

(N) GLANS, _dis_, f. Le gland; c'est la partie obscène de la partie naturelle de l'homme, celle où réside la sensation la plus vive des plaisirs Vénériens.

GLOTTISMUS, _i_, m. Un baiser à la pigeonne.

GLUBO, _is, ere_. _Varr._ V. FELLO.

GNATHO, _onis_, m. _Cic._ Suceur; qui entreprend sur l'office d'une espèce de bouche[128].

[128] Destinée par la Nature à cet usage.

GNATHONICUS, _a, um_. _Ter._ De suceur, de teteur; de suceuse, de teteuse; qui concerne ceux dont la bouche entreprend sur l'office d'une espèce de bouche.

GNATO, _as, are_, GNATURIO, _is, ire_. Travailler à se faire une postérité; s'exercer à la multiplication de son espèce.

GRAOSOBA, _ae_, m. Consolateur d'une vieille amoureuse: savetier en amour; amoureux charitable qui ne dédaigne pas la vieillesse[129].

[129] Nos abbés, par prudence, se sont destinés à ce service: il y a trop de danger avec les jeunes.

GREGARIA VENUS. _Solin._ Une coureuse; une Vénus du tiers-ordre; une raccrocheuse nocturne; une chauve-souris d'amour; une à tous venants beau jeu; une femme du genre humain. Ou: inclination pour les maîtresses du public; penchant pour celles qui ne refusent personne; attache pour les publiques.

H

HABERE REM CUM ALIQUA, _Ter._ NOTITIAM & FOEMINAE. _Cic._ Avoir avec une femme le commerce le plus particulier; connaître à fond une femme autant qu'il se peut faire; avoir les plus étroites liaisons avec une belle; prendre connaissance d'une belle personne de la manière la plus intime; avoir affaire avec une femme[130].

[130] La posséder entièrement.

HARPOCRATEM REDDERE. _Catull._ Empêcher de parler en mettant quelque chose dans la bouche; engager une bouche au silence en l'occupant aux fonctions d'une autre espèce de bouche; obliger à se taire en faisant subir à la bouche la peine dont le gardien des jardins menace les voleurs qui ont de la barbe; rendre muet en mettant le doigt amoureux à la bouche; fermer la bouche en faisant prendre le gobet amoureux.

(N) HASTA, _ae_, f. Pique d'amour; sceptre de Cythère. Voy. MENTULA: c'est le mot propre; celui-ci n'est que figuré.

(N) HEMITHEON, _is_, m. Hémithéon de Sybaris, auteur de livres Sybaritiques cités par Martial et Lucien pour leur lubricité.

(N) HERMAPHRODITUS, _a, um_. Hermaphrodite: être neutre, qui porte souvent les marques spécifiques des deux sexes et qui n'est parfaitement d'aucun. Cela s'appelle une curiosité d'histoire naturelle. En amour, ces êtres ne sont bons que pour les personnes qui n'aiment pas les routes ordinaires.

HILLAS CAEDERE. _Laber._ Chercher une femme dans sa main[131].

[131] Tuer des hommes dans leur plus tendre enfance.

(N) HIPPOMANES, _is_, n. C'est la liqueur qui sort de la vulve d'une jument lorsqu'elle est en chaleur. Les sorcières et empoisonneuses s'en servaient dans la composition de leurs drogues infernales.

HIPPOPORNOS, _i_, f. Amoureuse d'un cheval: surnom de Cérès lorsque, s'étant changée en cavale, Neptune, son frère, sous la figure d'un cheval, l'engrossa. Surnom de Philyra, mère du centaure Chiron, engrossée par Neptune sous la figure d'un cheval. Surnom de Méduse, que Neptune, sous la figure d'un cheval, engrossa du cheval ailé Pégase[132].

[132] Les dieux des Anciens avaient tous les vices, et il paraît que Neptune était le patron de la bestialité.

HIPPOS, _i_, m. Le coursier d'amour.

(N) HIRQUITALLUS, _i_, m. _Fest._ Jeune garçon qui s'abandonne à l'amour Socratique, qui souffre les caresses des hommes.

HORTI HESPERIDUM. Les jardins de l'Amour[133].

[133] _Hortus Cupidinis_ dit la même chose au singulier.

HUMIDUS LACUS. _Plaut._ Le lac où l'on pêche quelquefois de cuisants souvenirs.

HYSTERA, _ae_, f. La matrice; ou: le chemin qui conduit à la matrice, la gaine.

HYSTERICA, _ae_, f. Suffocation de matrice: maladie qui ordinairement se guérit par l'introduction d'un pessaire vivant[134].

[134] Les médecins de cette maladie sont très faciles à trouver; c'est pourquoi rarement les femmes en meurent. Les plus honnêtes, cependant, sont celles qui l'éprouvent le plus souvent.