‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 35 sur 80 · L. PROTAT.

L. PROTAT.

JAMBE. La pine, qu’on appelle aussi la troisième jambe.

Ah! Monsieur, que vous avez une belle jambe!—Laquelle donc, Madame?... répliquait Arnal, en donnant à entendre qu’il ne s’agissait ni de la droite, ni de la gauche.

JAMBONS. Les cuisses d’une femme.

Elle a le cœur si bon, qu’en mille occasions, Pour avoir une andouille, elle offre deux jambons.

LEGRAND.

JARDIN. La nature de la femme, que l’homme est chargé d’entretenir, de sarcler, de bêcher, de ratisser, et de planter—d’enfants.

Au demeurant, il n’y a homme qui mieux dresse et accoutre un jardin que moi.

NOEL DU FAIL.

Quand, se ruant tout en courroux, Le fleuve aux ondes spermatiques, D’Armide inondait le jardin.

B. DE MAURICE.

JEAN, JEANNOT, JANIN. Expressions désignant un mari trompé.

Chez nous le mâle est Jean, la femelle Catin, C’est l’usage de la famille.

DAILLANT DE LA TOUCHE.

Il est Janin sans qu’il le sache.

CH. SOREL.

Janot est le vrai nom d’un sot.

(Ancien Théâtre français.)

JEAN CHOUART. Le membre viril: appelé le pénil selon Lignac, la braguette selon Rabelais, Marot et autres poètes anciens; la verge, dans l’idiôme des nourrices et des parleurs timbrés; le bracquemart dans Robbé, Rousseau et Grécourt; Jean Chouart dans d’autres, etc., etc.

JEANNETON. Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou grisette, qui se laisse prendre volontiers le cu par les rouliers ou par les étudiants.

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons.

V. HUGO. (Ruy-Blas)

JETER LE MOUCHOIR. Choisir une fille, au bordel ou au bal, et l’emmener coucher avec soi; ou, si l’on est femme, faire comprendre à un homme qu’on bande pour lui et qu’on voudrait bien se le payer.

Jetez vous-même le mouchoir, Ou bien au sort il faudra voir Dans le dortoir, Qui pourra vous échoir.

COLLÉ.

JEU (Le). Celui que presque tous les hommes et presque toutes les femmes savent jouer et aiment à jouer—quoique souvent il ne vaille pas la chandelle qu’on use en son honneur par les deux bouts.

J’en jurerais, Colette apprit un jeu Qui, comme on sait, lasse plus qu’il n’ennuie.

LA FONTAINE.

Il était une fillette Coincte et joliette Qui voulait savoir le jeu d’amour.

(Farces et moralités.)

Vous et monsieur, qui, dans le même endroit, Jouiez tous deux au doux jeu d’amourette.

LA FONTAINE.

Le jeu te plaît, petite? Alors, nous allons recommencer.

A. FRANÇOIS.

Adieu, conquêtes, Joyeuses fêtes, Où le champagne au lansquenet s’unit; Belles soirées, Nuits adorées, Qu’un jeu commence et qu’un autre finit.

GUSTAVE NADAUD.

JEU RENOUVELÉ DES GRECS. La pédérastie, qui était le vice de Socrate; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.

Socrate et Sapho la Lesbienne Ont eu des goûts assez suspects: Tous les jours en France on ramène Leurs jeux renouvelés des Grecs.

COLLÉ.

JEUX INNOCENTS. Ainsi nommés par antiphrase sans doute, puisque ce sont les jeux les plus libertins que l’on connaisse, le jeune homme pinçant le cul à la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le jeune homme, devant les grands parents assemblés—qui n’y voient que du feu.

Pour ces jeux innocents, source de tant de fièvres, Qui troublent les jeunes sens, Un monsieur a baisé, devant les grands parents, Tout en baisant la joue, un peu le coin des lèvres. On a rougi cent fois...

A. KARR.

JOUER AU TROU-MADAME. Faire la chosette.

Il est très dangereux de jouer au trou-madame avec elle.

TABARIN.

JOUER AUX QUILLES. Faire l’acte vénérien.

La tienne joue bien aux quilles.

BRANTÔME.

Que l’un sur l’autre ils tombèrent En jouant au beau jeu de quilles.

(Recueil de poésies françaises.)

Bon compagnon et beau joueur de quilles.

LA FONTAINE.

JOUER DES MAINS. Peloter les tétons et le cul d’une femme—qui ne hait pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.

Je me souviens... qu’il hasarda sur cela des manières et des tons de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.

LA POPELINIÈRE.

JOUER DES REINS. Faire l’acte vénérien.

L’étudiant jouant avec vigueur des reins...

H. MONNIER.

JOUER DU CROUPION, OU DU CUL. Jouer des fesses, faire l’acte vénérien.

Et en même temps, lui, de jouer du croupion.

(Les Aphrodites.)

Ne jouez plus du cul, ma tante, Ni moi aux dez, je le promets.

AGRIPPA D’AUBIGNÉ.

Le vieux Jaquet dans une étable, Voyant Lise jouer du cu Avec un valet à gros rable, En va faire plainte au cocu.

THÉOPHILE.

JOUER DU MIRLITON. Baiser une femme.

En jouant du mirlitir, En jouant du mirliton.

(Refrain d’une chanson récente.)

JOUER DU NAPOLÉON. Faire sonner son gousset en passant devant une femme que l’on suppose aimer cette musique-là.

JOUER DU SERRE-CROUPIÈRE. Faire l’acte vénérien.

JOUEUSE DE FLÛTE. Fille ou femme entretenue, qui joue de la flûte avec les queues de ses contemporains.

Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flûte, corruptrices de la jeunesse.

CH. COLIGNY.

JOUIR. Arriver au summum du plaisir par l’éjaculation spermatique. Jouir d’une femme, la faire jouir.

As-tu de l’abbesse A la fin joui?

COLLÉ.

Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard Qui viendra pour jouir de son beau corps gaillard.

TROTTEREL.

Entre ses bras l’heureux Adam la presse, Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse Il répétait: Perdre ainsi c’est gagner.

PARNY.

Ah! comme je jouis, mon Dieu! comme je... jouis!... Ça me va dans la plante des cheveux.

H. MONNIER.

Il est une heure dans l’année Où tout ce qui vit veut jouir, Où la vierge et la graminée Ressentent le même désir.

A. D.

Je possède l’art du casse-noisette Qui ferait jouir un nœud de granit.

(Parnasse satyrique.)

Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien.

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