‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 48 sur 80 · CL. MAROT.

CL. MAROT.

OUVERTURE DIVINE (L’). La nature de la femme, dont la complète occlusion amènerait la fin du monde.

_Ah! divine ouverture! Ravissante nature! Qu’il est petit!..._

MARC-CONSTANTIN.

OUVRAGE. La besogne de la fille,—le temps qu’elle consacre, moyennant finance, aux plaisirs de l’homme.

J’te laisse ta nuit, j’ vas m’ coucher, travaille...—Du froid qui fait? Merci! j’ voudrais t’y voir, tu rirais... Pus souvent que j’ vas en avoir, à l’heure qu’il est, d’ l’ouvrage!

H. MONNIER.

OUVRIER DE NATURE (L’). Le membre viril, qui ne boude jamais devant une besogne amoureuse, dimanches et fêtes, à minuit comme à midi.

_Je suis pour te faire court Bon ouvrier scieur de planche Qui travaille, nuict et jour, D’un outil qui point ne tranche._

(_Chansons folastres._)

Ombragée au-dessous du nombril d’un poil large et épais, du milieu duquel on voit sortir un bel ouvrier de nature, fort bandé, qui à bon droit mérite d’être appelé membre.

MILILOT.

Quand La Ferté eut cuvé son vin, elle voulut le lendemain matin le faire retourner à l’ouvrage.

(_La France galante._)

OUVRIR SES DRAPS. Ouvrir ses cuisses, se faire baiser.

_Qui faites tant les resserrées, Quand on veut ouvrir vos genoux._

TABARIN.

_Du beau quartier plus d’un’ bell’ dame Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps._

E. DEBRAUX.

OVALE. Le con, qui en effet a cette forme,—si l’on y met un peu de bonne volonté.

Entre deux colonnes d’un albâtre lisse et arrondies, est situé cet ovale charmant, protégé par une petite éminence et une jolie motte.

(_Veillées du couvent._)

_Dès qu’il passa par un certain ovale, A l’instant même à sa mère on cria: Soyez tranquille, allez, c’est bien un mâle: Dieu! quelle tête il a!_

E. DEBRAUX.

La grande Jeanne de l’échiquier d’Alençon l’appelait son ovale.

NOEL DU FAIL.

P

PAILLARD. Libertin, homme qui aime la femme, et qui s’amuse avec elle, non comme un bourgeois qui obéit aux commandements de Dieu et à l’habitude, mais comme un gourmet qui se plaît à manger l’amour à toutes les sauces.

_Vente, gresle, gelle, j’ai mon pain cuit; Je suis paillard, la paillarde me duit._

F. VILLON.

Le paillard! il y prenait donc bien du plaisir!

MILILOT.

_Le paillard, friand de donzelles, S’était fait un vaste sérail._

J. CABASSOL.

PAILLARDE. Femme qui ne voit dans les hommes, quels qu’ils soient, ni des amants, ni des maris, mais des pines, et qui s’en sert avec une gloutonnerie à s’en donner des indigestions.

_Tant que le bon ton durera, Les honnêtes femmes paillardes S’en tiendront aux soldats aux gardes._

COLLÉ.

PAILLARDER. Baiser une femme, ou seulement la peloter.

Il fut surpris paillardant derrière le grand autel.

H. ESTIENNE.

Elle ne faisoit tout le jour que paillarder avec lui.

BRANTÔME.

PAILLARDISE. Libertinage, lubricité.

En fait de paillardise, nous l’entendons au suprême, et les dames du monde ne sont que des bêtes auprès de nous.

LA POPELINIÈRE.

PAILLASSE. Fille de la dernière catégorie,—la digne femelle du paillasson.

_En avant, la femm’ du sergent, Balancez, la femm’ du fourrier, Demi-tour, la femm’ du tambour, Restez là, paillasse à soldat..._

(_La Leçon de danse,—chant guerrier._)

_Eh! titi! oh! eh! là-bas, Tiens! est-c’ que tu déménages? —Pourquoi qu’ tu tiens ce langage? —C’est qu’ t’as ta paillass’ sous l’ bras. —Eh! non, mon vieux, c’est ma femme..._

(_Chanson populaire._)

PAILLASSON. Homme trop porté sur son membre; libertin à qui la qualité importe peu, pourvu qu’il ait la quantité.

_J’ pine à l’œil et j’ m’en fais gloire, C’est mon goût d’êtr’ paillasson._

(_Chanson anonyme moderne._)

PAILLASSONNER. Courir les gueuses.

PAIN QUOTIDIEN (Le). L’acte vénérien, qu’un mari et une femme, ou plutôt un amant et une maîtresse accomplissent volontiers chaque jour, matin et soir, sans y manquer,—de peur de laisser mourir leur amour d’inanition.

Le mari et la femme, cela est bon, vois-tu, mais il n’est pas encore si bon que les autres, à cause qu’il est plus ordinaire et que c’est leur pain quotidien.

MILILOT.

_La plus aimable des comtesses, Ne refuse pas votre bien; Tous les jours quatre politesses Seront votre pain quotidien._

COLLÉ.

PÂMER (Se). S’évanouir agréablement en jouissant, soit lorsqu’on se branle, soit lorsqu’on est femme et qu’on sent besogner vigoureusement le mâle.

_La nature entière se pâme Sous le vit du plus beau des dieux._

ANONYME.

PAPILLON DE L’AMOUR. Vulgo, morpion. Petit insecte qui, voyageant de vit en con et de couille en cul, se cramponne à l’un ou à l’autre, dans un but de colonisation.

_Ma maîtresse, l’autre jour, Se grattait, fallait voir comme... Ainsi que se gratte un homme, Je me grattais à mon tour. Or, Suzon me déculotte, Je la trousse sans détour: Nous étions pleins, vit et motte, De papillons de l’amour._

HIP. CHATELIN.

PAQUET. Ornement naturel de la culotte de l’homme, qui monte si fort la tête aux femmes; ornement postiche, parce qu’exagéré, de la culotte des danseurs espagnols, nécessaire pour donner de la verve à leurs danseuses.

T’as un beau paquet, mon chéri!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Sur cet insolent paquet, Je lâche un vigoureux pet._

(_Parnasse satyrique._)

PARADIS DE MAHOMET (Le). Le seul auquel les vrais croyants doivent croire, parce qu’il est «pavé de pucelages,» au lieu d’être pavé de bonnes intentions, comme l’autre.

PARALYSIE DE LA QUEUE. Impuissance; insensibilité du membre viril—qui a été trop sensible.

PARLER. Faire l’acte vénérien.

Il parla à la belle cordonnière dessous sa robe à part.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Parlez toujours, voyez combien Je me plais à votre entretien._

COLLÉ.

PARLER GRAS. Tenir des propos gaillards; appeler les choses par leur véritable nom, et non par les ridicules périphrases dont les habille la pudeur de mauvais aloi des bourgeois et des bégueules.

PARTIE. Le membre viril.

_Elle l’atteint par l’énorme partie Dont cet Anglais profana le couvent._

VOLTAIRE.

_Et je suis mort en la partie Qui fait la garce et le cocu._

MAYNARD.

De sorte que l’on pouvait voir sans difficulté ses parties.

CH. SOREL.

On ne doit pas dire les parties honteuses, car on ferait tort à la nature, qui n’a rien fait de honteux.

(_Moyen de parvenir._)

Le marquis, de plus en plus étonné, et se reboutonnant pour ne pas laisser voir ses parties, vraiment honteuses en ce moment...

JEAN DU BOYS.

PASCAL. Le vit. Pascal, comme Jacques, Thomas, Jacquot... ou etc., etc., etc.

_.... Il ne m’importe guère Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derrière._

SCARRON. (_Don Japhet d’Arménie._)

_Moi, je suis impartial Entre Florence et Cythère, Pourvu qu’on loge Pascal, Le reste n’importe guère._

COLLÉ.

PASSADE (Faire une). Tirer un coup en passant.

Si tu veux passer la nuit, mon chéri, ce sera vingt francs; si ce n’est qu’une passade, c’est dix francs: décide-toi.

A. FRANÇOIS.

_Pour s’amuser qu’Apollon l’entreprenne: D’une passade elle vaut bien la peine._

PARNY.

_Je n’ai, camarades, Jamais que des passades; Mais je les aime mieux Que des amours trop vieux._

COLLÉ.

PASSE. Passade intéressée, côté des dames. _Faire une passe._ Amener un homme galant dans une maison qui reçoit aussi les filles—galantes.

PASSER D’HOMMES (Se). Jouir sans la collaboration de l’homme, avec le doigt ou le godemichet.—Se passer de femmes, se masturber.

Comment peuvent-elles donc faire pour se passer d’hommes, quand l’envie leur en prend et les surmonte si fort que, le con étant tout en chaleur, il n’y a aucune allégeance, de quelque façon que vous le frottiez.

MILILOT.

PASSER LA NUIT. Coucher au bordel.

Combien qui faut t’ rend’, mon bibi?—Garde tout, j’ passe la nuit.

H. MONNIER.

PASSER PAR LES MAINS D’UN HOMME OU D’UNE FEMME. Coucher ensemble.

Est-ce qu’ils ne font pas tous des listes vraies ou fausses des femmes qui leur ont passé par les mains?

LA POPELINIÈRE.

_L’Opéra n’eut jamais de danseuse ou d’actrice Qui ne lui passât par les mains._

SÉNECÉ.

Toute la jeunesse de la cour lui passa par les mains.

(_La France galante._)

PASSER SA FANTAISIE ou SON ENVIE. Faire l’acte vénérien.

Et après en avoir très bien passé ma fantaisie.

BRANTÔME.

Car le roi n’eut pas plus tôt passé sa fantaisie avec la princesse de Monaco, qu’il pardonna à monsieur de Lauzun.

(_La France galante._)

Et pour votre présidente, ce ne sera pas apparemment en restant à dix lieues d’elle que vous vous en passerez la fantaisie.

DE LACLOS.

_Car sans cesser, ou sur banc, ou sur lit, Elle voulut en passer son envie._