‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 73 sur 80 · L. PROTAT. - L. FESTEAU.

L. PROTAT. - L. FESTEAU.

TRAVAIL. Prostitution; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête, A ton flâneur donne de l’agrément; Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette, Que t’es pas là pour ton amusement.

Que tu travailles bien aussi!... fort! fort!... ma mignonne, tu me ravis!...

LA POPELINIÈRE.

Tu passes toutes tes soirées Chez Dautun le marchand de vin: Les autres femmes, plus rusées, Travaillent du soir au matin.

DUMOULIN.

Epous’s d’ultras, Nièc’s de prélats, Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas.

BÉRANGER.

O femelle divine, Crois-moi! Fais travailler ma pine Sur toi!

EUG. VACHETTE.

TRÉMOUSSER (Se). Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme,—ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager, afin d’arriver à la jouissance mutuelle.

Amusez-vous, trémoussez-vous, Amusez-vous, belles; Amusez-vous, ne craignez rien, Trémoussez-vous bien.

DÉSAUGIERS.

Quoiqu’usé, le vieux Mondor Pour Lisette soupire; L’âge a rouillé son ressort, Mais il se trémousse encor... Pour rire.

PITON.

TRENTE POINTS (Les) qui constituent la beauté des femmes, sont,—je cite d’après Brantôme:

Trois choses blanches: la peau, les dents et les mains. Trois noires: les yeux, les sourcils et les paupières. Trois rouges: les lèvres, les joues et les ongles. Trois longues: le corps, les cheveux et les mains. Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds. Trois larges: la poitrine, le front et l’entre-sourcils. Trois étroites: la bouche, la ceinture et le con. Trois grosses: le bras, la cuisse et le mollet. Trois déliées: les doigts, les cheveux et les lèvres. Trois petites: les seins, le nez et la tête.

TRIBADE. Mot grec (τριβος) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

BRANTÔME.

Tribades, mes amours, Sacrifions toujours Dans ce temple où Venus Garde pour nous ses trésors inconnus.

J. DUFLOT.

Tribadie: amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse DE N***.

Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme Que faisiez-vous, vierges du Parthénon? Que faisiez-vous, ô vestales de Rome? Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon.

J. DUFLOT.

TRICHER. Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants,—ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

Pour nous, femmes sages, Hors de nos ménages, Il faut jouir peu, Ou tricher au jeu. Tricher! quelle gêne! On conçoit sans peine, Quand on est expert, Tout ce qu’on y perd.

BÉRANGER.

TRICOTER DES FESSES. Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

TRIPIÈRE. Femme ou fille à la gorge mal faite,—ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants... Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. DUFOUR. (Hist. de la prostitution.)

TRIPOTER UNE FEMME. Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

Je tripote, Je bahote Près de la cambuse aux crottes.

(Parnasse satyrique.)

TRIQUEBILLES. Vieux mot employé pour désigner les testicules.

Qu’on me coupe les triquebilles!

(Cabinet satyrique.)

TROISIÈME SEXE (Le). Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

—Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes,—Hao! fit lord Durham, et qu’est-ce?—C’est le troisième sexe, milord.

H. DE BALZAC.

TROMPER D’ENDROIT (Se). Enculer une femme, au lieu de la baiser,—ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud! comm’ c’est étroit! Tiens! je m’suis trompé d’endroit! J’ai fait un’ fameus’ bêtise, Mamzell’ Lise...

A. DE CALONNE.

Me voyant traité d’la sorte, Il dit qu’il s’est trompé d’ porte, Et veut m’ fourrer son outil Dans un trou qu’ j’ai sous l’ nombril.

(Parnasse satyrique.)

TRÔNE DU PLAISIR. La nature de la femme.

Si mes vœux près d’Eglé sont toujours superflus, Du trône du plaisir si sa main me repousse.

COLLARDEAU.

TROU. La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(Variétés hist. et litt.)

Nenni, non. Et pourquoi? Pour ce Que six écus sauvés m’avez, Qui sont aussi bien dans ma bourse Que dans le trou que vous savez.

COLLÉ.

Le bout était trop gros, ou le trou trop petit.

PIRON.

Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment... commença à jouer au trou-madame.

(Mémoires de miss Fanny.)

Je m’y pris avec tant d’adresse Qu’elle me dit, plein’ de tendresse; Je t’accord’ le droit marital. Puis elle ajouta, pour final: Tu sais le côté qui me blesse, Ah! ne va pas dans le trou d’ bal!

(Chanson anonyme.)

Au séminaire de Montrouge... Chacun, en amateur de cul, Loin de jouer au trou-madame, Jouait toujours au trou du cul.

(Chanson anonyme moderne.)

... La langue française Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise, Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer Ce petit trou mignon qui sait si bien charmer.

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