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IX

EN LISANT LE JOURNAL

Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son cousin Don François d'Assises et celui de sa soeur Doña Fernanda avec le duc de Montpensier, célébrés ensemble le 10 octobre 1846, et conclus contre le gré de l'Angleterre, avaient amené des représentations très vives de la part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la même année, l'annexion de Cracovie, ville libre, aux États Autrichiens, par suite d'entente entre les trois puissances qui s'étaient partagé la Pologne--la Russie, la Prusse et l'Autriche--donnèrent lieu à des remontrances de la France pour cette violation des traités de 1815, remontrances qui ne furent pas écoutées. Des bruits de guerre coururent; aussi, à l'ouverture de la session parlementaire de 1847, une discussion très vive eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M. Thiers. Les journaux de l'opposition accusèrent le ministère de reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau français. C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira ces stances à Alfred de Musset, l'une de ses rares pièces politiques, qui débutent ainsi:

J'aurais voulu, même en tremblant, Même étourdi par ton tonnerre, J'aurais voulu suivre sur terre, César, ton éperon sanglant.

Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit d'une autre pièce du même genre, intitulée _La Lanterne magique_, écrite vers 1830, dans laquelle il passe en revue la double face des choses de ce monde.