I
La belle Lendore s’est mariée. Si belle et gentille, véritablement princière, elle a épousé, avec sa maigre dot, un homme sans fortune.
Une certaine paresse, une certaine inaction peuvent résulter, dans les jeunes années, d’une surabondance de forces spirituelles, où l’embarras est de choisir. Ces forces morales et poétiques dont l’être plie supposent qu’il a beaucoup de générosité, et beaucoup de courage. Ainsi la belle Lendore. Pour suivre son cœur, elle n’a pas même hésité. Adieu les songes! Adieu, loisirs! Elle travaille à présent, comme des milliers de ses sœurs, barbares que nous sommes. Elle enseigne. Avec un sourire encore surpris que le monde ne soit pas tout entier une idylle. Elle assure que la _paresse_ de son adolescence lui a beaucoup appris.