CHAPITRE VII - I
LES FORÊTS DU HUDAVENDIGHIAR
Difficultés d’exploitation.--Tableau des forêts des sandjaks de Brousse, de Karassi, de Kara-Hissar, de Kutahia.
L’étendue des forêts que renferme le vilayet de Hudavendighiar est considérable.
On y trouve en abondance le chêne, le sapin, le hêtre, le noyer, l’orme, le charme, etc. etc.
Malheureusement ces forêts sont bien loin de rendre tout ce que l’on pourrait obtenir d’elles. L’exploitation des bois de teinture, d’ébénisterie et de construction, qui existent en si grande quantité, est encore à créer.
Cette exploitation serait cependant pour les agriculteurs un élément nouveau de richesse et fournirait à l’Europe, dont les besoins énormes grandissent sans cesse, un centre d’approvisionnement voisin.
Les seules localités exploitées sont celles qui se trouvent près du littoral et du bord de la mer. Leurs forêts donnent le bois nécessaire aux constructions navales militaires et marchandes, mais en même temps, elles sont dévastées sans règle et sans intelligence pour fournir aux villes le bois de chauffage, le charbon de bois, et les planches dont on se sert pour la construction des maisons généralement en bois; souvent aussi des incendies, allumés par la négligence des pâtres ou même des voyageurs, brûlent lentement, quelquefois pendant des mois entiers.
Si on ajoute à cela que les entrepreneurs doivent créer eux-mêmes les routes, les moyens de transport, etc., on comprend pourquoi l’exploitation des forêts reste en dehors de l’action vivifiante des capitaux européens, bien que la France et l’Angleterre demandent à l’Inde le bois de teak, au Honduras l’acajou, à l’Italie le chêne, etc., nécessaires à la construction de leurs vaisseaux.
Le jour où de réels moyens de communication, soit par routes ou par des travaux du canalisation, existeront dans le vilayet de Hudavendighiar, on pourra alors songer à exploiter sérieusement les immenses forêts qu’il renferme, et cette exploitation suffirait seule à faire la fortune d’une province.