IV
DESSÉCHEMENTS ET IRRIGATIONS
1. DESSÉCHEMENTS
1. Terrains situés au bord de la mer.
Tous les terrains bas situés le long de la mer sont en général bordés le long de la plage par une dune de sable dont la hauteur atteint de 4 à 5 m. Cette dune arrête les eaux pluviales et celles des petits cours d’eau. Les rivières et cours d’eau un peu importants peuvent seuls lutter contre la barre et écouler leurs eaux librement dans la mer.
Le desséchement proprement dit des terrains marécageux situés à proximité de la mer consisterait à creuser des canaux réunissant entre eux tous les bas-fonds envahis par les eaux pour les faire déboucher dans les cours d’eau les plus voisins à proximité de leur embouchure.
Pour compléter ces travaux on devrait en outre endiguer les cours d’eau qui tendent à déborder et à envahir les bas fonds de la plaine. Il conviendrait également de détourner au moyen de canaux les eaux pluviales qui se réunissent au pied des coteaux voisins ainsi que celles des petits ruisseaux, pour rejeter toutes ces eaux dans les cours d’eau principaux les plus voisins. Ces travaux en général faciles et peu dispendieux ne dépasseraient pas en moyenne 10 L. T. par hectare de terrain desséché.
Les marais que l’on peut ainsi dessécher sont:
deunums. 1. Marais de Tarsous et Adana 600,000 2. » de Sis, Payas, Alexandrette 495,000 3. » de Mersine à Selefkié 165,000 4. » du golfe d’Adalia 660,000 5. » des côtes des vilayets d’Aïdin et de Brousse 770,000 6. » de Samsoun, du Yéchil et du Kizil Irmak 550,000 --------- 3,300,000
Soit à 4 piastres par deunum L. T. 132,000.
2. Terrains situés près des lacs ou à proximité des grands cours d’eau.
Pour garantir des inondations périodiques les terrains situés à proximité des lacs, il faut endiguer ces lacs à la limite des basses eaux et faire remonter les digues le long des cours d’eau qui se jettent dans les lacs jusqu’au point où ils ne sauraient plus déborder dans la plaine.
Les terrains ainsi protégés doivent être sillonnés de canaux de desséchement que l’on fait déboucher soit dans les lacs, soit dans les cours d’eau à travers les digues au moyen de buses à clapets.
On aura soin en outre, comme il est dit plus haut, de dériver les eaux des coteaux voisins dans les cours d’eau les plus proches.
Les marais que l’on peut ainsi dessécher sont ceux des lacs de Sabandja, d’Isnik, d’Apollonia, de Mouhalidj dans le vilayet de Brousse, et ceux des lacs de Koniah, d’Akcheher, de Kotch-hissar, d’Eregli, de Bey-Cheher, d’Eguerdi, de Bourdour, etc. etc., sur le plateau central.
Les premiers occupent environ 660,000 deunums. Et les seconds 880,000 » --------- 1,540,000
les desséchements coûteraient à 4 piastres par deunum L. T. 61,600.
3. Marais de la Syrie. Des marais existent sur le bord de la mer dans presque toute la Syrie, on en voit aussi près du lac d’Antioche, sur le cours de l’Oronte, près de Damas et sur les rives du Jourdain.
Les travaux de desséchement à exécuter sont analogues à ceux qui sont indiqués plus haut.
La surface à dessécher étant d’environ 660,000 deunums, la dépense peut être évaluée à L. T. 26,400.
4. Marais de la Mésopotamie.--Les digues qui anciennement protégeaient la Mésopotamie contre les inondations du Tigre et de l’Euphrate ont été surmontées et en partie détruites par une crue exceptionnelle survenue l’an 7 de l’Hégire. Tout le pays fut alors inondé et la basse plaine se transforma en marais.
Depuis cette époque, les dégradations des digues et des canaux n’ont fait qu’augmenter et chaque crue d’hiver alimente et propage les marais.
Il s’agit donc de réparer les anciennes digues et de curer les anciens canaux d’asséchement en construisant de nouvelles écluses pour assurer le desséchement de tous ces marécages.
La surface occupée par les marais étant d’environ 11,000,000 de deunums à 4 piastres par deunum, le desséchement coûterait L. T. 44,000.
Dépense totale des desséchements L. T. 660,000.
2. IRRIGATIONS
1º Irrigation en Asie-Mineure.
Tous les terrains situés sur les côtes de l’Asie-Mineure sont faciles à irriguer. Les cours d’eau qui descendent des montagnes qui bordent le haut plateau, sont rapprochés l’un de l’autre et en général ils ne tarissent jamais. Ces cours d’eau sont faciles à barrer et à dériver à leur entrée dans la plaine. Il est également facile de développer les canaux d’irrigation à travers les grandes plaines d’alluvions dont la pente vers la mer est toujours très sensible.
En hiver, les eaux qui descendent de la montagne sont chargées de détritus et on peut les utiliser pour le colmatage des parties basses et marécageuses.
Sur le plateau central, aux abords des grands lacs, des circonstances analogues se présentent, et l’on peut aussi dans cette région faire profiter les grandes plaines qui entourent ces lacs du bénéfice des irrigations et du colmatage.
Les plaines que l’on peut le plus facilement irriguer sont les suivantes:
deunums. 1º la plaine de Sis 1,100,000 2º id d’Adana 2,200,000 3º id de Mersine à Selefkié 1,100,000 4º id du golfe d’Adalia 2,200,000 5º la plaine du vilayet d’Aïdin 2,200,000 6º id id de Brousse 2,200,000 7º id id de Samsoun 2,200,000 8º id autour des lacs du plateau 2,090,000 Les travaux d’irrigation sur ces 1,200,000 peuvent être exécutés à raison de 32 paras par deunum, soit