‹ ÉpavesChapitre 57 sur 78 · La Charité en 1870

La Charité en 1870

Comme je m’inclinais pour vous baiser la main,
Main blanche, de la race aux nobles sinécures,
Main douce à qui la rose épargne ses piqûres,
J’ai vu vos doigts teintés d’un étrange carmin.
« Est-ce un ardent reflet des rougeurs du matin ?
Pensai-je. Ont-ils plongé dans les grenades mûres,
Dans le jus du muscat ou la pourpre des mûres ?
Quelle tache en flétrit l’immaculé satin ? »

Vous les avez soustraits vivement à ma bouche.
« Ah ! caprice ! ai-je dit, votre cœur s’effarouche
Du salut amical qu’il a permis cent fois. »
Pardonnez-moi, ma sœur, cette méprise impie :
Mais j’ai reconnu vite à des brins de charpie
Quel baptême héroïque avait sacré vos doigts !

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