mutations ou suppressions de consonnes.
La consonne B est l’une de celles qui subissent le moins de mutations ; voici pourtant trois exemples de b changé en p : crabe, crape, béquille, péguille ; bègue, pègue, et un, par contre, d’un p changé en b : pesant, besant.
Quelquefois C est remplacé par g : bécasse, bégasse ; second, segond ; Claude, Glaude ; Clabaud, Glabaud.
Cremplacé par f : faucille, faufille.
Ch se change en g : achever, agever ; dénicher, déniger.
Cl changé en q : boucle, bouque ; oncle, onque.
D, ainsi que nous l’avons vu, disparaît à l’infinitif et aux temps qui en sont formés dans les verbes qui correspondent à la quatrième conjugaison française : apprendre, apprenre ; vendre, venre, etc.
Gdisparaît dans le corps de certains mots : assigner, assiner ; témoigner, témoinner ; signer, siner.
Il s’ajoute en d’autres cas : manne, mangne ; bougonner, bougogner.
Gl devient gn, prononciation voisine, mais plus nasale : étrangler, étrangner ; étranglard, étrangnard.
Lest remplacé par r ; calcul, carcu ; cloche-pied, croche-pied ; loir, roir ; érisypèle, résipère liméro.
Il est tantôt supprimé, comme dans : fluxion, fuxion ; plus, pus ; et dans les terminaisons françaises en ble : semblable, semblabe ; raisonnable, raisonnabe.
Tantôt ajouté : fuchsia, fluxia ; pêche, plêche.
La terminaison ble des verbes devient bêle par l’intercalation d’un e accentué : il semble, il sembèle ; il tremble, il trembèle.
Lse change aussi en i dans certains mots ; c’est surtout une forme particulière à quelques communes situées entre Lamballe et Moncontour. Je l’ai aussi retrouvée dans le nord du canton de Liffré (Ille-et-Vilaine). Ex. : planter, pianter ; plancher, piancher ; clabauder, kiabauder.
Nest parfois remplacé par l : numéro, luméro ; économie, écolomie.
Il est ajouté dans un assez grand nombre de mots, presque toujours après un i : mis, mins ; moitié, mointié ; dimanche, dinmanche ; amitié, amintié.
Presque toujours, dans les mots terminés en ne, na, ni, not, etc., la syllabe qui précède est nasalisée : « traîner » se prononce train-ner ; Nanon, Nan-non ; Jeanne, Jean-ne. Cette prononciation est commune au patois gallot et au patois berrichon. (Voyez Coudeheau, Sur le dialecte berrichon.)
De toutes les consonnes, r est celle qui subit le plus de mutations.
Rest remplacé par l : rare, rale ; courant, coulant ; franc-maçon, flamaçon ; madère, madelle.
Il s’ajoute à certains mots : baquet, barquet ; sardine, sardrine ; soutirer, sourtirer ; toujours, tourjous.
Dans d’autres, elle est supprimée, soit dans le corps du mot, soit à la syllabe finale : être, êté ; patrouiller, patouiller ; couleuvre, caleuve ; cidre, cide ; coudre, coude.
Pour les verbes en dre, la suppression de l’r est de règle.
Les infinitifs en er se prononcent eu dans un assez grand nombre de communes : aimer, aimeu ; porter, porteu ; toucher, toucheu.
Les syllabes en re, ro, se changent fréquemment en er dans le corps des mots : brebis, berbis ; bredouiller, berdouiller ; trépied, terpied ; dresser, derser ; Breton, Berton ; prochain, perchain ; froidir, ferdir.
Où le français prononce er, comme dans « fermer », le patois prononce fro : fromer.
Test quelquefois remplacé par q : tuer, quer ; tuile, quile.
La syllabe vre devient vère à l’impératif de certains verbes, par l’intercalation d’un è : ouvre, ouvère ; couvre, couvère.