XXII
Quand tes yeux conquerans estonné ie regarde, I'y veoy dedans à clair tout mon espoir escript, I'y veoy dedans amour, luy mesme qui me rit, Et m'y monstre mignard le bon heur qu'il me garde.
Mais quand de te parler par fois ie me hazarde, C'est lors que mon espoir desseiché se tarit. Et d'aduouer iamais ton œil, qui me nourrit, D'vn seul mot de saueur, cruelle tu n'as garde.
Si tes yeux sont pour moy, or voy ce que ie dis, Ce sont ceux-là, sans plus, à qui ie me rendis. Mon Dieu quelle querelle en toy mesme se dresse,
Si ta bouche et tes yeux se veulent desmentir. Mieux vaut, mon doux tourment, mieux vaut les departir, Et que ie prenne au mot de tes yeux la promesse.