‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 191 sur 241 · CHAPITRE IX.

CHAPITRE IX.

20, +Salade+.--Casque léger sans cimier, ou armet, à l’usage des hommes à cheval du XVe au XVIIe siècle, qui venait des Italiens qui l’appelaient _celata_, dont par corruption on a fait salade.

24, +Esloigner+.--S’éloigner de; cette même construction se rencontre en CORNEILLE dans sa tragédie de _Pompée_:

«... Ses vaisseaux en bon ordre, Ont éloigné la ville...»

29, +Cortex+.--Il s’en fabrique aujourd’hui pour les colonies, confirmant le proverbe que rien n’est nouveau sous le soleil; il est vrai que ce n’est pas comme défense contre le plomb ou le fer, mais contre les rayons solaires.

=56=,

8, +Tacitus+.--_Annales_, III, 43.

11, +Lucullus+.--PLUTARQUE, _Lucullus_, 13.

12, +Garentir+.--On l’a essayé; les cuirasses des navires, les tourelles et coupoles cuirassées en acier chromé qui protègent les pièces d’artillerie, les bétonnages épais qui revêtent les parapets ou recouvrent les abris, réalisent dans une certaine mesure cette garantie contre le canon; on a été moins heureux pour les abris mobiles offrant dans la guerre de campagne une protection tant soit peu efficace, où les tranchées-abris et les boucliers métalliques des pièces d’artillerie d’usage récent donnent seuls des résultats appréciables.

19, +Elephans+.--Les éléphants jouèrent un grand rôle dans les guerres d’Alexandre et de ses successeurs, dans celles de Pyrrhus en Italie, durant les guerres puniques du côté des Carthaginois. On leur protégeait la tête et le poitrail, on garnissait leurs défenses de pointes d’acier et on les surmontait de tours portant généralement de six à huit hommes; la Bible parle de 32, cela semble exagéré.--Actuellement, on les emploie encore aux armées, dans les pays où on peut s’en procurer aisément, dans les Indes, aux transports, voire même à celui de pièces d’artillerie légères.--En certaines autres contrées, notamment en Afrique, dans le Sahara, entre l’Algérie et Tombouctou, on utilise de même, pour les expéditions qui s’y font, le méhari, dromadaire de selle, qui peut soutenir, pendant une quinzaine de jours, des marches quotidiennes de 70 kilomètres et franchir en cas de besoin 120 kilomètres en douze heures; le méhari est la monture habituelle des Touareg, seuls habitants de cette région. Déjà, en 1798, lors de la campagne d’Égypte, avait été constitué un régiment de dromadaires pour pouvoir excursionner dans le désert et y atteindre l’ennemi en fuite.

21, +Chausse-trapes+.--Clou de 12 à 15 centimètres de long, formé de quatre pointes dont une se trouve toujours en l’air.--En Espagne, en =124=. VALÈRE MAXIME, III, 7, 2, dont le fait est tiré, ne le présente que comme une idée proposée à Scipion qui la repoussa; aujourd’hui on n’en agirait pas de même; on estime avec raison que tout, en dehors de ce qui est déloyal, est licite à la guerre, qui de fait n’est soumise qu’à la loi du plus fort et à celle, fort élastique et peu précise, de la conscience des belligérants.

28, +Gauche+.--PLUTARQUE, _Apophth. de Scipion le Jeune_, 18.--Allusion à ce que le bouclier, arme défensive, se portait au bras gauche, et que les armes offensives, armes de main et armes de jet, se maniaient avec la main droite et qu’à la guerre attaquer vaut mieux que se défendre.

36, +Caracalla+.--XIPHILIN, _Caracalla_.

38, +Morion+.--Casque à l’usage des hommes à pied, assez semblable à celui du nom de «salade», affecté aux gens à cheval (V. N. =II=, 54: Salade).

38, +Escu+.--Bouclier; vient du latin _scutum_, provenant lui-même du grec _scutos_ (cuir), parce qu’anciennement les boucliers étaient en cuir.

=58=,

2, +Paux+.--Pieux, palissades; pluriel de pal, du latin _palus_ qui a cette signification.

3, +Poix+.--Dans nos dernières guerres, le chargement du fantassin s’élevait à une vingtaine de kilos, soit un tiers de moins que celui du soldat romain. Malgré cette énorme différence, ce poids est devenu écrasant pour notre époque où tout ce qui est à peu près valide est appelé sous les drapeaux, et n’a pas la force des soldats de métier des temps passés; aussi s’évertue-t-on à réduire ce chargement à l’indispensable, ce qui permettra de le ramener à douze ou treize kilos. Mais, au lieu de supprimer l’excédent, on en surcharge les trains régimentaires, perdant de vue que fréquemment, avec nos armées à gros effectifs, ils ne rejoindront pas et qu’en outre, il est bien inutile de les encombrer d’effets de remplacement, alors qu’on peut si facilement en assurer le renouvellement par les services de l’arrière au fur et à mesure des besoins.

5, +Haste+.--PLUTARQUE, _Marius_, 4.--Ses exigences envers ses soldats leur avaient fait donner le sobriquet de «mulets de Marius»; toutefois on assigne encore une autre origine à cette appellation: Au siège de Numance, Scipion examinait les chevaux et mulets de ses troupes, pour vérifier en quel état ils se trouvaient; Marius amena les siens qu’il soignait lui-même et les présenta en si bon état qu’il passa dès lors en proverbe, pour louer avec raillerie un homme laborieux, assidu et patient, et en particulier un soldat présentant ces qualités, de dire que c’était un mulet de Marius.

9, +Cuit+.--PLUTARQUE, _Apophth. du second Scipion_.--En =133=. Scipion, nommé consul pour la seconde fois, vint prendre en Espagne le commandement de l’armée qui, devant Numance, était depuis dix ans tenue en échec. Il y trouva un grand désordre. Il chassa du camp deux mille femmes de mauvaise vie, les aruspices, les devins qui la transformaient en un lieu de débauche et un champ de foire; en bannit le luxe; ordonna que l’on dînât debout, sans manger de viande chaude; au souper, on pouvait s’asseoir, mais on devait se borner à de la soupe et un plat de viande; lui-même s’était mis à ce régime et, vêtu d’un manteau noir, disait qu’il portait le deuil de son armée. A ses soldats, il fit élever des murailles, creuser des fossés qu’il renversait et comblait ensuite: «Qu’ils se couvrent de boue, disait-il, puisqu’ils ne veulent pas se couvrir de sang.» Il temporisa pour attaquer à nouveau l’ennemi, jusqu’à ce qu’il se crût en mesure de l’emporter, et finit par les réduire à s’entr’égorger. Après la prise de la ville, les vieillards reprochaient à leurs défenseurs de s’être laissé battre par des gens qu’ils avaient battus tant de fois; un d’eux leur répondit: «Les moutons sont bien les mêmes, mais le berger a été changé.»

14, +Marcellinus+.--AMMIEN MARCELLIN, XXIV, 7.--Fit longtemps la guerre en Germanie, dans les Gaules, et accompagna l’empereur Julien dans son expédition contre les Perses (V. N. =II=, 532: Marcellinus).

17, +Romaine+.--Les éd. ant. aj.: _Or, par ce qu’elle me semble bien fort approchante de la nostre, i’ay voulu retirer ce passage de son autheur, ayant pris autresfois la peine de dire bien amplement, ce que ie sçauois sur la comparaison de nos armes, aux armes Romaines: mais ce lopin de mes brouillars m’ayant esté desrobé auec plusieurs autres, par vn homme qui me seruoit, ie ne le priueray point du profit, qu’il en espere faire: aussi me seroit-il bien malaisé de remascher deux fois vne mesme viande._

21, +Lieu+.--AMMIEN MARCELLIN, XXV, 1.

38, +Bardes+.--Avec son armure et celle de son cheval.

41, +Soixante+.--PLUTARQUE, _Démétrius_, 6.--Montaigne fait quelque changement au récit de l’historien qui dit qu’Alcymus revêtait une armure de cent vingt livres, tandis que celles de Démétrius et de tous autres n’étaient que de soixante; et que le roi en fit faire deux pour Alcymus et pour lui-même, qui n’en pesaient que quarante, mais se distinguaient par la trempe du métal, si bien qu’à la distance de vingt-six pas, un trait lancé par une machine de l’époque n’y produisait qu’une empreinte très légère, à peine perceptible.