‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 33 sur 241 · CHAPITRE XL.

CHAPITRE XL.

=Le bien et le mal qui nous arrivent ne sont souvent tels que par l’idée que nous nous en faisons=, =I=, 441.--La diversité des opinions sur les biens et les maux est grande; la mort elle-même n’apparaît pas à tous comme un mal, 441.--Des gens plaisantent sur son seuil même, en allant au supplice, etc. (THÉODORE et LYSIMAQUE, les habitants d’ARRAS; plaisanteries de CONDAMNÉS conduits au supplice, de BOUFFONS à leurs derniers moments), 443.--Dans les Indes, les femmes s’ensevelissent ou se brûlent vivantes sur le corps de leurs maris; fréquemment les vicissitudes de la guerre amènent des populations entières à se donner volontairement la mort (au royaume de NARSINGUE, le peuple de MILAN, les XANTHIENS, les GRECS lors des guerres médiques), 447.--Souvent l’homme sacrifie sa vie à la conservation de ses opinions religieuses (les TURCS, les JUIFS sous Jean et Emmanuel de Portugal, les ALBIGEOIS), 447.--Parfois la mort est recherchée comme constituant un état préférable à la vie; elle ne saurait donc être un sujet de crainte (PYRRHON), 449.--La douleur est tenue par certains comme le plus grand des maux; il en est qui nient sa réalité, tandis que d’autres au contraire, mentant à eux-mêmes, prétendent faussement ne redouter dans la mort que la douleur qui d’ordinaire l’accompagne (ARISTIPPE, HIÉRONYME, POSIDONIUS et POMPÉE, Saint AUGUSTIN), 451.--La réalité de la douleur n’est pas douteuse, c’est même le propre de la vertu de la braver, 453.--Plus elle est violente plus elle est courte, et plus il est possible à l’homme d’en diminuer l’acuité en réagissant contre elle, ce que nous permettent de faire les forces de l’âme, et ce à quoi nous parvenons tous sous l’empire de sentiments divers (les FEMMES EN COUCHES, en particulier celles des SUISSES et les BOHÉMIENNES; la femme de SABINUS, des enfants de LACÉDÉMONE, MUTIUS SCEVOLA, les GLADIATEURS, les FEMMES par coquetterie, une FILLE de Picardie, les TURCS, S. LOUIS, GUILLAUME dernier duc de Guyenne, FOULQUES comte d’Anjou, Q. MAXIMUS, M. CATON, L. PAULUS, TÉREZ roi de Thrace, les ESPAGNOLS, austérité du cardinal BORROMÉE, ACCIDENT funeste que certains supportent sans peine), 455.--Est-ce un bien ou non d’avoir beaucoup d’enfants (MONTAIGNE, THALÈS)? 465.--L’opinion que nous en avons fait seule le prix des choses, 465.--Comment Montaigne réglait ses dépenses alors qu’il n’était pas encore maître de ses biens, 467.--L’indigence peut subsister chez le riche comme elle existe chez le pauvre, 469.--Être riche est un surcroît d’embarras; on est bientôt en proie à l’avarice et à ses tourments (MONTAIGNE, CÉSAR, DENYS et un Syracusain), 469.--Vivre au jour le jour suivant ses revenus, sans trop se préoccuper de l’imprévu, est le parti le plus sage (FÉRAULEZ seigneur Persan, un vieux PRÉLAT), 471.--Les biens ne sont donc pas plus réels que les maux; les uns comme les autres ne sont tels que par l’appréciation que nous en portons, 475.--En somme, il faut savoir se commander et, finalement, il nous est toujours loisible de mettre un terme à ce que nous envisageons comme des maux, quand ils nous deviennent intolérables, 475.