‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 35 sur 241 · CHAPITRE XLII.

CHAPITRE XLII.

=De l’inégalité qui règne parmi les hommes=, =I=, 481.--Extrême différence que l’on remarque entre les hommes; on ne devrait les estimer qu’en raison de ce qu’ils valent par eux-mêmes et après les avoir dépouillés de tout ce qui n’est pas eux; c’est par leur âme qu’il faut les juger, 481.--De vaines apparences extérieures distinguent seules le roi du paysan, le noble du roturier, etc. Que sont les rois? des acteurs en scène, des hommes plus méprisables quelquefois que le dernier de leurs sujets, soumis aux mêmes passions, aux mêmes vices (les ROIS DE THRACE, ALEXANDRE LE GRAND et ses flatteurs, ANTIGONE et le poète HERMODORE), 485.--Le bonheur est dans la jouissance et non dans la possession; or peut-il jouir des avantages de la royauté celui qui ne sait apprécier son bonheur, celui dont l’esprit est borné, l’âme grossière, ou qui est tourmenté par des douleurs physiques? 487.--Combien le sort des rois est à plaindre; leurs devoirs constituent une lourde charge (SÉLEUCUS, CYRUS), 489.--La satiété leur rend tous les plaisirs insipides (le roi HIÉRON, le GRAND SEIGNEUR), 489.--Ils sont constamment sous les yeux de leurs sujets qui les jugent avec sévérité (le roi HIÉRON; le roi ALPHONSE), 491.--La vie d’un seigneur retiré dans ses terres, loin de la cour, est bien préférable, 493.--Les rois ne connaissent pas l’amitié, la confiance; ils n’ont autour d’eux que des flatteurs et des hypocrites (HIÉRON, l’empereur JULIEN), 493.--Les commodités effectives dont ils jouissent leur sont communes avec les autres hommes (l’empereur DIOCLÉTIEN), 495.--Gouvernement idéal (ANACHARSIS), 495.--Une folle ambition les porte souvent à ravager le monde lorsqu’ils pourraient, sans effort, se procurer le repos et les vrais plaisirs (CINÉAS et PYRRHUS), 495.