‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 66 sur 241 · CHAPITRE XIX.

CHAPITRE XIX.

=De la liberté de conscience=, =II=, 529.--Le zèle religieux est souvent excessif et conséquemment injuste, 529.--C’est à ce zèle outré des premiers chrétiens qu’il faut attribuer la perte d’un grand nombre d’ouvrages de l’antiquité (l’empereur TACITE et CORNELIUS TACITE), 531.--Leur intérêt les a aussi portés à louer de très mauvais empereurs favorables au christianisme, et à en calomnier de bons qui lui étaient contraires; du nombre de ces derniers est JULIEN, surnommé l’Apostat, qui était un homme de premier ordre; sa continence, sa justice (ALEXANDRE, SCIPION), 531.--Appréciation portée sur lui par deux historiens chrétiens ses contemporains, AMMIEN MARCELLIN et EUTROPE, 533.--Sa sobriété, son application au travail, son habileté dans l’art militaire (ALEXANDRE LE GRAND), 533.--Sa mort a quelque similitude avec celle d’Épaminondas, 535.--On l’a surnommé l’Apostat; c’est un surnom qu’il ne mérite pas, n’ayant vraisemblablement jamais été chrétien par le cœur. Il était excessivement superstitieux; l’exclamation qu’on lui prête, lorsqu’il se sentit frappé à mort, ne semble pas avoir été dite (MARCUS BRUTUS), 535.--Il voulait rétablir le paganisme et détruire les chrétiens en entretenant leurs divisions par une tolérance générale, 525.--Nos rois, probablement par impuissance, suivent le même système à l’égard des catholiques et des protestants, 537.